Mediapart a réussi un coup de maître en réunissant sur un même plateau 20 femmes ayant accusé l’ancien présentateur star de TF1 Patrick Poivre d’Arvor de violences sexuelles et de comportements problématiques.
Journalistes, autrices, mais aussi employées de magasin, enseignante, conseillère aux entreprises, bibliothécaire…ces femmes sont aujourd’hui âgées entre 28 et 63 ans et pour la plupart, elles ne se connaissaient pas avant le début de l’émission. Certaines ont d’ailleurs témoigné pour la première fois à visage découvert.
Des femmes courageuses qui souhaitent enfin être crues et entendues. Ces femmes on toutes ont en commun d’avoir témoigné dans l’enquête judiciaire contre le journaliste et homme de télévision Patrick Poivre d’Arvor, qui a déposé une plainte en « dénonciation calomnieuse » contre 16 d’entre elles.
Présentateur du 20 heures de TF1 pendant 20 ans, Patrick Poivre d’Arvor « conteste », selon son avocat, « toute violence, sexuelle ou non, à l’égard des femmes qui l’ont accusé ».
Réunies autour de la journaliste Valentine Obert, les victimes ont exprimé leurs attentes vis-à-vis du gouvernement d’Emmanuel Macron. Cécile Delarue, ancienne collaboratrice de PPDA à TF1, dénonce : “On aimerait être plus entendues d’Emmanuel Macron. Pour l’instant, c’est silence radio(…) On en peut s’appuyer que sur la vérité journalistique. Il parle au pays, mais il oublie que nous, on est une part du pays. Et c’est pour ça qu’on lui répond”. Rappelons qu’Emmanuel Macron a fait de la protection des femmes une priorité de son quinquennat.
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L’émotion était palpable sur le plateau et les femmes victimes du journaliste ont toutes précisé la difficulté pour elles d’être là, à témoigner et à raconter les traumatismes dont elles souffrent. De nombreuses femmes ont d’ailleurs accusé Patrick Poivre d’Arvor d’être totalement dans le déni.
Beaucoup d’entre elles sont toujours journalistes et expliquent la difficulté pour elles d’être crues. PPDA les menaçaient en effet de les “griller” dans le métier. Deux femmes ont d’ailleurs témoigné à visage et voix masqués des peurs de représailles dans leur milieu professionnel.
L’une d’entre elle, qui accuse le journaliste de viol alors qu’elle était mineure, explique : “Je suis anonyme parce que Patrick Poivre d’Arvor n’est pas tout à fait le paria que dépeignait la une d’un grand magazine, c’est quelqu’un qui reste influent, qui a le portable des gens qui comptent. Il est encore écouté, en tout cas lui et son entourage n’hésitent pas à faire pression de manière à la fois agressive mais aussi plutôt pathétique contre les femmes qui ont témoigné contre lui pour essayer de les faire taire, mais aussi pour les faire sanctionner, et moi c’est ce qui m’est arrivé”.