Mis en examen par la justice argentine, Oscar Jegou et Hugo Auradou ont regagné la France le 4 septembre dernier après 58 jours de détention. En juillet passé, une Argentine de 39 ans a accusé les deux rugbymen français de viol. Des dénonciations que les deux joueurs ont toujours niées, reconnaissant néanmoins avoir eu des rapports sexuels consentis avec la victime présumée. Le 26 septembre 2024, nos confrères du Parisien ont révélé que selon un nouveau rapport psychologique et psychiatrique, les récits des faits vécus par Soledad, la plaignante, sont jugés "crédibles". Ce rapport, établi par une spécialiste citée par les avocats de la victime présumée, contredit les résultats consignés dans le rapport officiel signé par quatre experts, deux du parquet et deux des avocats des joueurs, qui a été versé au dossier mardi 24 septembre dernier et selon lequel le récit de la victime présumée serait "invraisemblable et non crédible"car parsemé de "contradictions", de "descriptions vagues" et d’"omissions volontaires".
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Un nouvel élément versé au dossier
D’après les informations de nos confrères, les conclusions de ce nouveau rapport de douze pages indique que "le portrait psychologique de la plaignante correspond à celui d’une victime de violences sexuelles". "L’experte, qui n’a pas participé aux évaluations mais a eu accès au dossier médical complet à partir du 29 août et a pris part aux délibérations des résultats, est catégorique : ‘Ses récits répétés des faits vécus sont crédibles’", pouvait-on lire. Elle a également pointé du doigt le fait que les autres experts "insistent sur le moment où [la plaignante] a pris conscience d’avoir été victime de violence sexuelle, écartant la question de savoir si elle a donné ou non son consentement" aux actes qu’elle dénonce. Puis de préciser que "la simple évaluation clinique n’est pas suffisante pour apprécier, quantifier et mesurer le développement mental" de l’Argentine de 39 ans, chez qui elle a observé "des difficultés marquées dans l’expression verbale, des silences prolongés, des tics de langage, une fluidité par moments affectée" face au corps médical.
Les avocats de cette dernière, Natacha Romano et Mauricio Cardello, dans un document de quatorze pages présenté au ministère public, insistent sur l’importance de cette nouvelle pièce qu’ils qualifient de "preuve de grande valeur" et qui ainsi justifierait la poursuite de l’enquête. Le magistrat en charge du dossier, Darío Nora, a confirmé que l’audience d’abandon des charges se tiendra malgré tout, mais cet élément pourrait bien influencer la décision finale. Alors qu’une audience de non-lieu aura lieu le 18 octobre à Mendoza, en Argentine, un nouvel élément a été officiellement versé hier, mercredi 9 octobre au dossier.
Une preuve de grande valeur
Selon les informations du Parisien, il s’agit d’un certificat médical établi le 3 octobre dernier par une hématologue indiquant que la femme accusant les deux rugbymen français de viol aggravé en réunion "ne souffre pas de la maladie de Willebrand", un syndrome qui entrave la coagulation du sang. "Dans un document de quatorze pages présenté au ministère public de Mendoza — auquel nous avons eu accès —, les avocats de la victime présumée qualifient cette nouvelle pièce de ‘preuve de grande valeur’ et réclament une poursuite de l’enquête judiciaire", rapportent nos confrères. "L’audience (d’abandon des charges) aura lieu", a néanmoins confirmé Darío Nora, le magistrat en charge de l’instruction.
Selon les avocats de l’accusation, "le procureur et ses supérieurs justifient les quinze lésions" constatées sur le corps de leur cliente le jour de son dépôt de plainte par cette maladie. Les avocats ajoutent que le parquet "a souffert d’une sorte d’escroquerie procédurale de la part de la défense, qui, (…) à travers une quantité innombrable de déclarations publiques, a soutenu que la plaignante souffrait actuellement d’une maladie, sans examen médical pour le démontrer". Enfin, "En conséquence, Natacha Romano et Mauricio Cardello, les deux représentants de la victime présumée, annoncent leur ‘opposition formelle’ au non-lieu requis par le ministère public, qualifié à plusieurs reprises de ‘hâtif’ et ‘prématuré’", ont conclu nos confrères. Affaire à suivre.