Au lendemain d’un week-end marqué par son interpellation à Nîmes, Jeremstar revient pour Paris Match sur une expérience qu’il qualifie d’"éprouvante" et "déshumanisante". L’influenceur, engagé pour la cause animale, avait interrompu une corrida en brandissant une pancarte. Une action express qui lui a valu quarante-huit heures de garde à vue.
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Une réponse disproportionnée
"Je vais mieux, merci. Je suis surtout content et soulagé d’être libre", confie-t-il à Paris Match. Mais il insiste : "Cette garde à vue a été très éprouvante, déshumanisante parfois. Mais si c’était à refaire, je le referais, car ce n’est rien comparé à l’enfer que vivent les taureaux pendant une corrida. Mais vous imaginez, passer quarante-huit heures en garde à vue pour avoir brandi une pancarte durant dix secondes… Ça paraît complètement fou". L’ancien chroniqueur télé dénonce une réponse judiciaire excessive.
"Quand on pense que des hommes, accusés de violences conjugales, restent juste quelques petites heures en garde à vue… Je suis choqué par le traitement judiciaire qui a été apporté à cette affaire. Ceux qui ont pris cette décision ont certainement voulu marquer un grand coup, afin de décourager d’autres militants de continuer des actions durant ce long week-end de feria à Nîmes. Mais apporter une sanction aussi grosse, je crois que ça discrédite la ville plus qu’autre chose", a-t-il analysé.
Un acte improvisé, sous haute tension
Jeremstar reconnaît avoir agi dans un climat d’angoisse : "J’étais extrêmement stressé car c’était beaucoup d’improvisation. Jusqu’à la dernière minute, on ne savait pas vraiment comme ça allait se dérouler, on ne connaissait pas vraiment les plans des arènes. Pour tout vous dire, j’en étais malade depuis des mois, parce que je ne voulais surtout pas échouer. Je craignais de rater mon coup ou même de me faire tuer par un taureau. Et puis, j’appréhendais aussi la garde à vue".
Très vite, il est stoppé par la sécurité et évacué… "Je n’étais pas conscient de ce qui se passait. C’est en revoyant les images que je me suis vraiment rendu compte de cette violence. J’ai été traîné au sol sous les huées. Le public de la corrida est extrêmement problématique, il a soif de sang. Certains spectateurs m’insultaient, réclamaient que l’on me frappe. Une femme a jeté son verre de bière au visage d’un autre militant de PETA. J’ai une pensée pour les enfants qui sont amenés à ces spectacles ignobles : quel genre d’adulte vont-ils devenir ?", s’est questionné l’ami d’Emma Paris.
L’épreuve de la garde à vue…
C’est surtout la détention qui a marqué l’influenceur… "Je n’en avais jamais fait, ça a vraiment été un choc. On est enfermé dans une cellule comme un animal en cage. Il faut réclamer pour avoir un verre d’eau ou pour aller faire pipi… Les toilettes sont d’ailleurs dégueulasses et un policier reste devant, à vous attendre. Tout est fait pour vous pousser à bout. J’étais sollicité pour répondre à des questions ou pour signer des documents, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Je ne pense pas que des conditions aussi déshumanisantes soient nécessaires pour auditionner les gens. On n’a pas besoin de toilettes immondes, de cellules pleines d’humidité, de souterrains angoissants. J’ai vraiment été traité comme un criminel, comme si je préparais un attentat. On a même fouillé mon téléphone", a assuré Jeremstar.
La corrida, une "honte pour la France"
L’activiste dit avoir traversé des moments de détresse : "J’ai fait plusieurs crises d’angoisse durant ces quarante-huit heures, j’ai demandé à voir un médecin. J’étais à bout de nerfs. J’ai vraiment cru que j’allais m’exploser la tête contre les murs. Vous entendez dans les cellules voisines des gens hurler, insulter les policiers… C’est vraiment la cour des miracles. Je n’avais jamais atteint un tel niveau de désarroi et de solitude". Pour Jeremstar, aucune justification culturelle ne peut excuser la corrida.
"On ne peut pas tout justifier au nom de la tradition. Ce n’est pas un art mais véritablement de la torture. On peut évoluer. Regardez, durant des décennies, le cirque avec les animaux ne choquait personne, et puis, il y a eu une vraie prise de conscience. Je suis quand même surpris : on vit dans un monde tellement aseptisé où tout est sujet à la polémique, mais cette torture, elle, existe encore. La corrida fait honte à la France. Elle discrédite même tout le reste. On peut garder les costumes, les danses, le folklore, mais pas la mise à mort d’un être vivant", a détaillé le YouTubeur. Et de conclure : "Je ne veux pas devenir le visage de la lutte anti-corrida. Je fais des actions avec PETA de manière indépendante et ponctuelle, car je ne souhaite rejoindre aucun groupe de militants ou autre".