Timothy Busfield, le mari de Mélissa Gilbert, accusé de nouvelles agressions sexuelles 

Publié le 15 janvier 2026 à 9:50
Niviere David/ABACA
Alors que Timothy Busfield est déjà poursuivi pour plusieurs chefs d’accusation d’abus sexuels sur mineurs, une nouvelle plainte est venue alourdir son dossier à la veille de sa première comparution devant la justice du Nouveau-Mexique. Ces nouveaux éléments, révélés par le parquet, renforcent la gravité des faits reprochés à l’acteur et relancent les interrogations sur d’éventuels dysfonctionnements institutionnels…

L’étau judiciaire se resserre un peu plus autour de Timothy Busfield. Alors que l’acteur et réalisateur de 68 ans devait comparaître ce mercredi 14 janvier pour la première fois devant un tribunal du Nouveau-Mexique, une nouvelle accusation d’abus sexuels est venue s’ajouter à un dossier déjà lourd. Dans le même temps, les autorités d’Albuquerque pointent du doigt la "coopération limitée" de Warner Bros. dans l’enquête portant sur des faits présumés sur le tournage de The Cleaning Lady. Incarcéré après s’être présenté volontairement aux autorités, Timothy Busfield fait l’objet d’une requête du procureur du comté de Bernalillo, Sam Bergman, visant à le maintenir en détention provisoire. 

Une comparution sous haute tension

Selon ce document judiciaire, "aucune condition de remise en liberté ne permettrait raisonnablement de garantir la sécurité d’autrui ou de la communauté". Un mandat d’arrêt détaillé, délivré le 9 janvier passé, l’accuse de deux chefs de contacts sexuels criminels avec un mineur et de maltraitance d’enfant. Les faits reprochés concernent notamment des attouchements sur les "zones des selles et de l’urine" d’un enfant. S’ils étaient établis, ces crimes pourraient exposer l’acteur à plusieurs décennies de prison. Ils auraient été commis à l’époque où Timothy Busfield travaillait comme réalisateur et producteur exécutif sur la série The Cleaning Lady, aujourd’hui annulée, avec Élodie Yung dans le rôle principal.

Avant de se rendre à la police locale, après avoir selon les autorités traversé le pays depuis l’État de New York, Timothy Busfield a fermement nié les accusations. "Je n’ai rien fait à ces petits garçons", a-t-il notamment déclaré mardi. Il devait comparaître par visioconférence depuis le centre de détention métropolitain du comté de Bernalillo devant la juge Felicia Blea-Rivera, lors d’une audience dite de première comparution criminelle. Cette étape, généralement rapide, devrait aboutir à un plaidoyer de non-culpabilité. La question de sa détention sera examinée ultérieurement par un tribunal de district, désormais saisi du dossier jusqu’à un éventuel procès.

Une nouvelle plainte révélée contre le mari de Melissa Gilbert

Dans un document déposé mercredi 14 janvier, le procureur Sam Bergman et la procureure adjointe Savannah Brandenburg-Koch révèlent l’apparition d’un nouvel élément accablant. "Le père d’une autre victime, Colin Swift, a signalé aux forces de l’ordre le 13 janvier 2026 des abus sexuels commis il y a plusieurs années par le prévenu à Sacramento, en Californie", peut-on lire comme le révèlent nos confrères de Deadline. Selon cette déclaration, les faits se seraient produits lors d’une audition organisée par Timothy Busfield au B Street Theatre. La jeune fille, alors âgée de 16 ans, aurait affirmé que l’acteur l’avait embrassée et lui avait glissé les mains dans le pantalon pour lui toucher les parties intimes.

Le document précise que le mari de Melissa Gilbert aurait ensuite supplié la famille de ne pas saisir la justice s’il suivait une thérapie, une option que le père, lui-même thérapeute, avait alors jugée préférable. Pour le parquet, ces éléments renforcent la nécessité de maintenir l’accusé en détention. L’État estime que "le prévenu représente un danger grave et permanent pour les enfants et la communauté", évoquant "un schéma calculé de manipulation, d’absence de limites et d’exploitation de son autorité professionnelle pour accéder à des mineurs". Des témoins auraient par ailleurs fait état de craintes de représailles ou de conséquences professionnelles, laissant entendre une capacité d’intimidation.

Un passé déjà marqué par d’autres accusations

Outre les accusations concernant les deux garçons nés en 2014 qui ont joué dans The Cleaning Lady sur plusieurs saisons avant d’être écartés pour des raisons d’âge, Timothy Busfield avait déjà été mis en cause dans deux affaires d’agressions sexuelles en 1994 et 2012. S’il n’avait pas été inculpé dans ces dossiers, impliquant respectivement une adolescente de 17 ans et une femme de 28 ans, il avait toutefois versé 150 000 dollars dans le premier cas, au titre de frais juridiques liés à une contre-plainte infructueuse. Les procureurs s’appuient également sur les déclarations de l’officier Marvin Brown de la police d’Albuquerque pour critiquer la gestion du dossier par Warner Bros., après un signalement anonyme transmis en septembre 2024 via la hotline de la SAG-AFTRA.

"Lors de l’enquête conduite par Warner Bros, ils n’ont pas interrogé des témoins clés, notamment VL ou ses parents", accusent-ils. Le parquet va plus loin, estimant que "l’historique d’allégations s’étalant sur plus de vingt ans, combiné à la peur exprimée par les témoins de subir des représailles, illustre comment des personnes en position de pouvoir peuvent réduire au silence victimes et témoins". Il évoque aussi "la coopération tardive et limitée de Warner Bros. dans le cadre de l’exécution d’un mandat de perquisition", pointant des obstacles institutionnels ayant permis, selon lui, la persistance de tels comportements.

Les réactions du studio Warner Bros

Après la publication du mandat, Warner Bros. avait assuré à Deadline : "Nous prenons très au sérieux toute allégation de mauvaise conduite et disposons de dispositifs pour enquêter rapidement et de manière approfondie. Nous sommes au courant des charges actuelles visant M. Busfield et nous coopérons, et continuerons de coopérer, avec les forces de l’ordre". À la suite de la requête de détention, le studio a de nouveau réagi : "Notre priorité absolue est la santé et la sécurité de nos équipes et de nos castings. Le studio coopère pleinement avec les autorités et a accéléré la transmission du rapport de l’enquête indépendante, bien que celui-ci aurait pu rester confidentiel. Nous appliquons une politique stricte de non-représailles". 

Par
Kahina Boudjidj