Une mobilisation pour l’équité
Un groupe impressionnant de personnalités du cinéma français, parmi lesquelles Swann Arlaud, Alain Chamfort, Sandrine Bonnaire, Valérie Donzelli et Agnès Jaoui, se sont unis dans une démarche inédite. Ils font partie des 7 000 signataires d’une lettre ouverte exigeant une juste rémunération des artistes-interprètes par les plateformes de streaming.
Cette action vise à faire valoir les droits des acteurs et des musiciens, auteurs de bandes-sons, en réponse à ce qu’ils considèrent comme des pratiques injustes de la part des géants de la diffusion en ligne comme Netflix et Amazon.
Une juste rétribution pour leur travail
Dans cette lettre ouverte, lancée alors que le Festival de Cannes est déjà menacé par la grève, les artistes expriment leur désir d’être payés en fonction du succès des œuvres auxquelles ils contribuent. Ils dénoncent le fait que dans l’univers du streaming, les rémunérations sont souvent fixées de manière arbitraire.
Selon eux, les acteurs et les musiciens sont souvent confrontés à des forfaits peu généreux.
“Film au succès retentissant ou série qui cumule le nombre de vues et de saisons ? Peu importe la durée de disponibilité de visionnage et le nombre de streams, les actrices et acteurs perçoivent un forfait, maigre et unique, déterminé dès le début. Et si par bonheur la planète entière est vissée devant votre série, aucun euro supplémentaire ne sera versé à celles et ceux qui incarnent ce succès à l’écran”, peut-on lire.
Une initiative portée par l’Adami
À l’origine de cette mobilisation, l’Adami, société qui gère les droits des artistes pour la diffusion de leur travail enregistré, a lancé cette lettre ouverte afin de sensibiliser sur cette problématique.
Les signataires soulignent le décalage entre les principes affirmés par une directive européenne de 2019, qui prévoit une rémunération adéquate et proportionnelle pour les interprètes, et la réalité actuelle.
Malgré la transposition de cette directive en droit français en 2021, aucune avancée concrète n’a été réalisée.S’en est suivi l’indispensable ordonnance française de transposition le 12 mai 2021, laissant le soin aux parties prenantes de négocier un accord. “Trois ans pile après, aujourd’hui, aucun accord n’a vu le jour, laissant les actrices et les acteurs dans l’expectative la plus totale”, précise le collectif.
Bientôt une grève comme à Hollywood ?
Évoquant la grève qui a secoué Hollywood l’année dernière, les signataires mettent en garde contre une éventuelle escalade du mouvement en France.
“Dans cette situation aux airs de supplice de Tantale, où la loi existe, mais où elle n’est pas appliquée, difficile de ne pas songer à dupliquer les dernières revendications du secteur américain, dont la grève en 2023 aura duré 118 jours, et aux dommages estimés à 6 milliards de dollars”, menacent les artistes.