#MeTooStandUp – Les humoristes Djimo et Lenny M’Bunga accusés de viol et complicité de viol

Publié le 24 avril 2024 à 4:59
Aurore Marechal/ABACAPRESS.COM -
Dans un article évoquant le #MeTooStandUp, Médiapart révèle que la justice aurait placé les humoristes Djimo et Lenny M’Bunga sous le statut de "témoin assisté" dans le cadre d’une information judiciaire pour viol ouverte après la plainte d’une comédienne et régisseuse du Paname Comedy Club.

"#MeTooStandUp : derrière les vannes, l’ordinaire du sexisme et des violences sexuelles". Tel est le titre de l’article publié vendredi par Médiapart sur la libération de la parole dans le monde du stand-up. Une longue enquête pour laquelle nos confrères ont recueilli plus d’une centaine de témoignages évoquant le climat sexiste régnant dans ce milieu mais aussi des faits qui font l’objet d’une enquête. Et en particulier les graves accusations qui touchent les humoristes Djimo et Lenny M’Bunga du Paname Comedy Club.

Une information judiciaire ouverte pour viol

Comme le confirme Le Parisien/Aujourd’hui en France qui a pris contact avec les avocats des humoristes et de la plaignante, Djimo et Lenny M’Bunga ont été "placés sous le statut de témoin assisté" respectivement pour "viol commis en réunion" et "complicité de viol commis en réunion" dans le cadre d’une information judiciaire ouverte en janvier 2024 par le parquet de Bobigny. Nos confrères précisent que ce "statut juridique est utilisé quand les conditions de la mise en examen ne sont pas requises". C’est en mars 2023 qu’une plainte pour viol a été déposée par Elise Vigné, une actrice travaillant comme régisseuse au Paname Comedy Club pour des faits qui se seraient déroulés en 2015. La jeune femme, à l’époque âgée de 21 ans, a organisé une soirée chez elle et a eu des relations sexuelles consenties avec Lenny M’Bunga comme elle le raconte au Parisien.

Lorsque ce dernier a quitté la chambre et qu’elle commençait à s’endormir, elle affirme avoir entendu de nouveau la porte s’ouvrir. "Quelqu’un rentre dans la chambre, je pense que c’est Lenny. Il me pénètre. Je lui dis que je ne veux pas, que je suis fatiguée. D’un coup, la personne se lève et part en courant", affirme-t-elle ainsi en précisant avoir voulu porter plainte quelques mois plus tard en apprenant par un ami comédien, Akim Omiri, que Lenny M’Bunga ferait sur scène une "blague sur le fait de s’échanger une fille avec un pote". Mais une remarque faite par le policier l’ayant reçue à Montreuil l’a conduite à renoncer à sa plainte. "Quand je suis arrivée dans le bureau, le policier m’a dit ils sont deux, vous êtes toute seule. Ce sera votre parole contre la leur. Est-ce que vous êtes sûr d’avoir la force ? »", explique-t-elle.

Les deux humoristes se défendent

"On me reproche d’avoir porté plainte huit ans après. Mais en 2015, le monde n’était pas prêt. Je ne connais aucune femme qui est devenue célèbre quand elle a dénoncé le comportement de quelqu’un", confie celle qui a reçu, depuis l’article de Médiapart, de nombreuses insultes et messages malveillants sur les réseaux sociaux comme elle l’a montré sur Instagram. "Vous pensez que j’aurais fait tout ça juste pour me manger tout ça dans la gueule ?", a-t-elle réagi ce week-end.

Si les deux humoristes n’ont pas encore pris la parole publiquement sur cette affaire, leurs avocats ont réagi dans la presse. "Si la juge d’instruction l’a placé sous le statut de témoin assisté, c’est qu’elle considère qu’elle n’a pas assez éléments pour le mettre en examen. Ça veut dire beaucoup (…) Il y a une enquête, une instruction judiciaire, et au lieu de se réserver pour la justice, cette jeune femme en fait une cabale médiatique. Il s’agit de la vie d’un homme qu’on jette en pâture sur les réseaux sociaux, avec des répercussions déjà visibles sur sa vie personnelle et sa vie professionnelle", affirment au Parisien Mes Gabriel Dumenil et Marc Bailly qui défendent Djimo. "Le seul rapport qu’il a eu avec la plaignante était consenti. Ce statut de témoin assisté montre bien qu’il n’y a pas en l’état assez d’éléments pour les mettre en examen", a déclaré pour sa part Me Romain Dieudonné, l’avocat de Lenny M’Bunga.

Par
Clara Kolodny