L’humoriste Seb Mellia accusé d’agressions sexuelles ou viols par 11 femmes : « Si tu me donnes pas le numéro de ta chambre… »

Publié le 8 mars 2024 à 9:49
Instagram / sebmellia
Après la publication en janvier dernier de plusieurs messages accusant l’humoriste Seb Mellia de viols, agressions ou violences sexuelles, Télérama a reccueilli les témoignages de onze femmes dénonçant des faits que l’humoriste dément.

Seb Mellia fait face à de graves accusations depuis quelques mois. Après avoir lancé en janvier dernier un appel pour un #MeToo stand-up, l’humoriste Florence Mendes a reçu des dizaines de messages dans lesquels revenaient régulièrement un nom, celui de Seb Mellia. Pour aller plus loin, Télérama a consulté la trentaine de messages reçus par Florence Mendes concernant celui qui a été découvert dans la saison 2 du Jamel Comedy Club. Nos confrères ont ensuite recueilli les témoignages de onze femmes (huit spectatrices, trois humoristes) qui "rapportent toutes des histoires similaires, mettant en scène un artiste de prime abord facile d’accès, qui jouerait de sa notoriété pour approcher ses fans".

Une spectatrice raconte avoir dîné avec l’humoriste après "un échange amical sur les réseaux sociaux" et l’avoir revu le deuxième soir. Il serait alors devenu très tactile, l’embrassant de force. "Il a insisté pour monter dans ma chambre, ce que j’ai refusé. Il a continué à m’embrasser, de plus en plus brutalement, à me toucher la poitrine. Il a pris ma main, l’a mise sur son entrejambe. J’étais vraiment dans un coin, entre deux murs, je ne pouvais pas bouger, je me sentais prise au piège", a-t-elle confié en affirmant que l’humoriste l’aurait attendu vingt minutes en bas de son hôtel alors qu’elle lui aurait demandé de ne pas la suivre. "Il est allé jusqu’à dire : “Si tu ne me donnes pas le numéro de ta chambre, tu sais que je suis capable d’aller frapper à toutes les portes »", a-t-elle ajouté en précisant qu’il aurait effacé ses messages les plus compromettants au fur et à mesure.

Une autre spectatrice affirme avoir accepté de prendre un verre avec l’humoriste pour s’excuser d’une blague sur son poids faite pendant le spectacle. Il aurait "changé d’attitude (…) en devenant insistant et oppressant" et en tentant "de l’embrasser à plusieurs reprises". "Je portais un petit haut croisé, en cache-cœur. Il a tiré plusieurs fois sur mon haut pour l’ouvrir, pour regarder à l’intérieur et il m’a fait des remarques sur ma poitrine. (…) Puis, il a mis sa main dans mon pantalon, s’est mis à me tripoter les fesses. Je l’ai repoussé un peu plus vivement, il a fini par réussir à m’embrasser vigoureusement".

Seb Mellia dément les faits et reste présumé innocent

Justine, une autre spectatrice, précise, elle, avoir eu une relation sexuelle consentie avec Seb Mellia. Elle affirme avoir dû insister pour que ce dernier se protège et l’accuse d’avoir pratiqué un acte sexuel anal sans son consentement. "Sans prévenir, sans préparation, il entame une sodomie. Je l’arrête. Je dis non. Pareil, on discute. Je lui dis que pour moi, c’est hors de question, qu’il aurait dû me demander, que c’est quelque chose qui se prépare. Il est dans la négociation en permanence, mais finit par accepter. On recommence tranquillement ce qu’on était en train de faire et il me retourne de nouveau. Là, il me plaque la tête contre le mur. J’étais coincée. Et il recommence. Je lui dis d’arrêter. Mais il n’entend pas", décrit la jeune femme qui se serait rendu compte ensuite que le préservatif avait été retiré. Elle lui aurait écrit le lendemain pour lui dire que c’était un viol. Il se serait excusé en se décrivant "comme un gentil garçon qui n’a jamais fait ça auparavant".

Présumé innocent des faits qui lui sont reprochés, Seb Mellia a démenti une nouvelle fois les accusations qui le touchent par le biais de son avocate Emilie Sudre. "Il dément tout rapport sexuel ou échange de messages non consentis […] et n’avait jamais eu vent d’une quelconque souffrance ni d’un quelconque grief de la part d’une partenaire, et encore moins d’une accusation de viol ou de tout autre comportement délictuel", a-t-elle déclaré à Télérama en précisant qu’aucune plainte n’a été déposée contre lui. Selon nos confrères, trois femmes auraient consulté un avocat et envisageraient de saisir la justice.

Par
Clara Kolodny