L’influenceuse Kat Torres en prison : elle vient d’être condamnée pour esclavage et trafic d’êtres humains

Publié le 17 juillet 2024 à 18:54
Instagram/KatTorres
Star des réseaux sociaux, l’influenceuse et mannequin Kat Torres va passer plusieurs années derrière les barreaux puisqu’elle vient d’être condamnée à 8 ans de prison pour une grave affaire.

La vie de Kat Torres, de son vrai nom Katiuscia Torres Soares, vient de changer, et pas pour le mieux. L’influenceuse et mannequin brésilienne, qui était considérée comme un gourou dans son pays, a écopé en juin dernier d’une lourde peine de prison. 

Les raisons du procès de Kat Torres

La jeune femme âgée de 31 ans vient en effet d’être condamnée à 8 ans de prison pour trafic d’êtres humains et esclavage. Elle était notamment accusée d’avoir exploité et escroqué de nombreuses femmes. Celle qui a été mannequin au sein de l’agence d’une célèbre agence parisienne proposait par exemple, sur les réseaux sociaux, des séances d’hypnose ou de méditation. Elle offrait également une forme de coaching en proposant des conseils amoureux, pour gérer son argent ou encore pour se sentir davantage en confiance, le tout pour 150 dollars par séances. Mais problème, elle a aussi mis en place une technique bien à elle pour faire venir des femmes chez elle et les réduire en esclaves. L’influenceuse, qui s’était installée aux Etats-Unis, leur promettait ainsi de devenir assistante chez elle. Mais les femmes qui ont succombé à son offre alléchante de changement de vie se sont vite rendu compte qu’elles étaient tombées dans un piège.

Le témoignage d’une victime de Kat Torres

Interrogée par la BBC dans une longue enquête consacrée à l’influenceuse, Ana, une de ses victimes, a raconté être devenue l’esclave de Kat Torres en débarquant à New York pour travailler pour elle. "Elle ressemblait un peu à un espoir pour moi (…) Elle semblait avoir surmonté la violence de son enfance, les abus, toutes ces expériences traumatisantes (…) Elle a fait la couverture des magazines. On l’a vue avec des personnes célèbres telles que Leonardo DiCaprio. Tout ce que j’ai vu me semblait crédible", a-t-elle confié à BBC Eye Investigations et BBC News Brasil. Affirmant, comme d’autres victimes, s’être retrouvée isolée de ses amis et de sa famille par l’influenceuse, Ana a accepté de quitter Boston pour s’occuper des animaux et de l’intendance de Kat Torres, notamment les repas et le ménage. Et ce pour 2 000 dollars par mois, tout en continuant ses études de nutrition à distance.

Comment ses victimes sont devenues des esclaves

En arrivant à New York, elle n’a pas reconnu l’appartement de l’influenceuse. "C’était choquant parce que la maison était vraiment en désordre, très sale, et ne sentait pas bon", a-t-elle ajouté en précisant qu’elle devait être disponible à tous moments pour l’influenceuse qui lui interdisait de dormir plus de quelques heures par jour et qu’elle n’avait droit qu’à un sur un canapé couvert d’urine de chats. "J’avais l’impression d’être coincée ici, de n’avoir aucun moyen de m’en sortir.  J’ai probablement été l’une de ses premières victimes de la traite des êtres humains", a conclu celle qui n’a jamais été payée pour son travail. Elle a fini par prendre la fuite après trois mois. D’autres femmes après elle, dont deux Brésiliennes portées disparues par leur famille en 2022, ont subi le même sort qu’elle.

Par
Clara Kolodny