C’est une chute vertigineuse pour l’un des symboles du rap américain. Le tribunal fédéral de Manhattan a condamné, le vendredi 3 octobre, Sean Combs, alias P. Diddy, à quatre ans et deux mois de prison, assortis d’une amende de 500 000 dollars, environ 425 000 euros. Une peine prononcée au terme d’un procès de deux mois, marqué par les témoignages de plusieurs femmes et une audience finale de six heures.
À lire également
Un verdict en deçà du maximum encouru
Reconnu coupable de transport de personnes à des fins de prostitution, Sean Combs échappe toutefois aux accusations plus lourdes de trafic sexuel et d’association de malfaiteurs, qui auraient pu lui valoir la perpétuité. Le juge a tenu à souligner la gravité des faits. "Ce sont des infractions graves qui ont causé un tort irréparable à deux femmes", a-t-il déclaré, avant d’ajouter que "Les effets se font encore sentir aujourd’hui" et que "Le tribunal n’a pas la certitude qu’en cas de libération, ces crimes ne seront pas commis à nouveau".
S’adressant aux victimes présentes, il a conclu : "Nous vous avons entendues". La veille du verdict, Sean Combs avait adressé une lettre au tribunal fédéral de New York, plaidant sa rédemption et exprimant son repentir. "Aujourd’hui, je vous demande humblement une autre chance — une autre chance d’être un meilleur père, une autre chance d’être un meilleur fils, une autre chance d’être un meilleur leader dans ma communauté, et une autre chance de vivre une vie meilleure", avait-il écrit. L’interprète de All About the Benjamins avait confié être sobre "pour la première fois depuis 25 ans" et insisté : "Je n’écris pas ceci pour obtenir de la sympathie ou de la pitié, cette expérience est simplement la vérité de mon existence et a changé ma vie pour toujours et je ne commettrai plus jamais de crime".
Une libération possible en 2028
Incarcéré depuis plus d’un an, P. Diddy a assuré avoir profondément changé. Derrière les barreaux, il se dit "sollicité par [ses] codétenus pour leur enseigner et les encadrer". Il affirme vouloir désormais "rentrer chez lui pour s’occuper de ses sept enfants et de sa mère âgée de 84 ans". Ses avocats ont déjà annoncé un appel du jugement, dénonçant une décision "inconstitutionnelle". Ils demandent aussi son transfert dans un établissement du New Jersey, moins strict, disposant d’un programme de lutte contre la toxicomanie.
Selon le registre du Bureau fédéral des prisons, la star de 55 ans pourrait être libérable le 8 mai 2028. Cette échéance prend en compte le temps déjà purgé et d’éventuelles remises de peine pour bonne conduite. Dans sa décision, le juge a conclu sur une note plus humaine : "Vous allez surmonter cette épreuve. Vous avez un univers de personnes qui vous aiment. Laissez-les vous porter maintenant, comme vous les avez portés pendant tant d’années".