Le comédien Philippe Caubère mis en examen pour proxénétisme après des accusations d’atteinte sexuelle sur mineur

Mis à jour le 13 janvier 2026 à 15:33
Wyters Alban/ABACA
La situation judiciaire de Philippe Caubère s’est encore aggravée. Déjà poursuivi pour viols, agressions sexuelles et corruption de mineures, le comédien de 75 ans a été mis en examen pour proxénétisme, soupçonné d’avoir contraint l’une des plaignantes à des relations sexuelles tarifées avec des centaines d’hommes. Une nouvelle accusation qui vient alourdir un dossier déjà tentaculaire et raviver les zones d’ombre entourant l’acteur.

Les poursuites visant Philippe Caubère, déjà au cœur d’un dossier pénal tentaculaire, ont pris une nouvelle dimension. Le parquet de Créteil a confirmé jeudi 11 décembre que le comédien de 75 ans avait été mis en examen le 24 novembre dernier pour proxénétisme, une information révélée par BFMTV. Selon la chaîne d’information, il est soupçonné d’avoir contraint l’une des plaignantes à multiplier les relations sexuelles tarifées "avec des centaines d’hommes". Contactée par l’AFP, son avocate, Me Fanny Colin, a indiqué qu’elle ne souhaitait faire aucun commentaire.

De nouvelles accusations qui s’ajoutent à un dossier déjà lourd

Cette mise en examen vient s’ajouter à une série de procédures engagées contre l’acteur, déjà poursuivi pour viols, agressions sexuelles et corruption de mineurs dans trois dossiers distincts. L’un des témoignages les plus marquants est celui d’Agathe Pujol, comédienne et ancienne proche de l’acteur. Dans Libération, en janvier dernier, elle affirmait avoir été victime de viols "organisés plusieurs fois par semaine" entre 2011 et 2018, durant lesquels Philippe Caubère "regarde et prend des photos". Ces déclarations avaient ouvert la voie à une première mise en examen en février 2024 pour deux affaires antérieures : l’une remontant à 2012, l’autre courant entre 2010 et 2019.

Des faits sur mineure 

Selon franceinfo, l’une des victimes présumées avait 16 ans au moment des faits, en 2012. L’acteur, de quarante-cinq ans son aîné, aurait profité de rendez-vous se déroulant dans son studio de Saint-Mandé. Elle l’accuse d’avoir "abusé de son immaturité affective" lors de rencontres "qu’elle était priée de garder clandestines et de ne pas signaler à ses parents", évoquant dans sa plainte "baisers, fellations et pénétrations", et ce pendant un an. La défense de Philippe Caubère, relayée par franceinfo, opposait une autre version : "Philippe Caubère, par la voix de son avocate, reconnaît une relation intime mais pas de pénétration". Une troisième jeune femme l’accuse par ailleurs de corruption de mineure de plus de 15 ans, pour des faits situés entre 2019 et 2021.

Un ordinateur disparu 

L’enquête a récemment connu un rebondissement inattendu. En octobre, Me Marie Dosé, ancienne avocate du comédien, a été mise en examen à son tour pour soustraction ou altération de document. Cette procédure découle de la première plainte pour viol déposée en 2018, plainte classée sans suite en 2019, faute "d’éléments" permettant "de corroborer les déclarations de la plaignante sur l’absence de consentement". Mais selon Le Monde, la justice soupçonne l’avocate d’avoir fait disparaître un ordinateur personnel de Philippe Caubère, dont les contenus auraient pu s’avérer compromettants…

Par
Kahina Boudjidj