L’acteur Thomas Scimeca (Le Flambeau, HPI) accusé de violences sexuelles et psychologiques

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:32
Christophe AUBERT / TELE 7 JOURS
Deux plaintes, la première pour tentative de viol et la seconde pour violences conjugales, ont été déposées par deux femmes à l’encontre de l’acteur Thomas Scimeca vu dans la dernière saison de HPI (TF1) mais aussi en complotiste dans Le Flambeau (Canal +). Cinq autres femmes dénoncent elles aussi un comportement problématique, voire plus.

Une nouvelle affaire de violences sexuelles et psychologiques est en train de secouer le monde du petit et du grand écran. Dans une longue enquête publiée dimanche, Médiapart dévoile de graves accusations touchant le comédien Thomas Scimeca, qui incarnait le flic Fred Prigent dans la saison 4 de HPI (TF1) ainsi que Yvan, le candidat complotiste du Flambeau (Canal+)+

Thomas Scimeca accusé de violences sexuelles et psychologiques

"Mediapart a recueilli les témoignages de sept femmes mettant en cause Thomas Scimeca à des degrés divers pour des violences psychologiques dans le cadre du travail ou d’une relation intime, mais aussi pour des violences sexuelles", écrivent nos confrères dans leur article en précisant que le parquet de Paris a confirmé avoir reçu deux plaintes mi-octobre. La première a été déposée par l’actrice Jeanne Faucher qui accuse Thomas Scimeca de tentative de viol. Les faits se seraient déroulés en 2015, alors que la jeune femme avait 22 ans. Cette dernière, qui a 27 ans de moins que lui, l’a rencontré dans un lieu culturel lyonnais où il se produisait avec sa troupe. Elle l’aurait revu le lendemain après avoir assisté à sa représentation. Mais dans sa plainte, elle affirme avoir subi un "comportement déplacé et insistant" dans le bar. Elle aurait alors décidé de quitter la soirée pour rentrer chez elle. Mais le comédien l’aurait rattrapée et serait devenu "insistant", refusant "de prendre en compte son refus explicite". Elle aurait fini par "céder" et l’aurait accompagné à son hôtel. "Là-bas, ses « non » n’auraient pas été respectés face aux propositions sexuelles du comédien", écrit Médiapart. La jeune femme aurait subi ce soir-là un "cunilingus imposé" alors qu’elle "était en état de sidération". Il lui aurait aussi pris la main pour qu’elle touche son entrejambe. Alors qu’il était parti chercher un préservatif, un ami ayant trouvé l’adresse de l’hôtel les aurait interrompus. "Je veux parler parce que, quand je le vois dans des films ou des séries, je suis dégoûtée. Parce que c’est insupportable de voir qu’il continue à être mis en valeur par des artistes", a-t-elle écrit dans sa plainte.

Des accusations de violences psychologiques

L’actrice Solène Rigot, qui accuse Thomas Scimeca de "violences psychologiques", évoque de son côté un "emprisonnement mental" et une "emprise morale de manière sournoise, trois ans jonchés d’admirations et d’insultes (…), de craintes et de crises", et de "harcèlement après des ruptures". La comédienne l’accuserait de l’avoir dénigrée jusque sur son lit de travail, et de l’avoir enfermée en sous-vêtements sur le balcon de leur chambre d’hôtel lors du Festival de Cabourg 2017. Il l’aurait également "harcelée moralement" lorsqu’elle a pris la décision de se faire avorter après être tombée enceinte. Elle affirme enfin qu’après leur première séparation, il aurait eu un comportement problématique, la menaçant de suicide, la suivant en moto, débarquant sur son lieu de travail ou se cachant dans son immeuble. Elle affirme enfin qu’il aurait fouillé son téléphone et son ordinateur. Dans un mail, il se serait excusé d’avoir "fait de la merde". "Et je t’accompagne dans ton quartier sans pouvoir retourner sur mes pas, et fuir ce qui me fait mal : toi, nous. […] Je veux TE et ME laisser tranquille. […] Moi ça me paraît pas grave sur le moment ce temps que je TE prends et c’est infernal pour toi", aurait-il écrit.

Ces deux femmes, qui ont saisi la justice, ne sont pas les seules à accuser Thomas Scimeca. Plusieurs femmes ont témoigné à Médiapart pour dénoncer par exemple un "rapport sexuel consenti puis subi", un "chaud-froid" considéré comme une violence psychologique, ou encore une "mise en danger d’autrui" pour avoir "insisté pour ne pas mettre de préservatif" lors de relations sexuelles avec deux femmes présentes sur le même tournage que lui. Une autre victime présumée dénonce, de son côté une "drague lourde entre les scènes en tournage". Une autre femme évoque pour sa part des propos "intimidants et rabaissants". Judith Godrèche, qui a dirigé le comédien dans sa série Icon of French Cinema, affirme à Médiapart avoir pris ses distances avec lui après avoir appris pour ces accusations. L’agent de Thomas Scimeca aurait aussi arrêté de travailler avec lui. 

Thomas Scimeca sort du silence

Le comédien a accepté de répondre aux questions de Médiapart avant de refuser que ses réponses ne soient utilisées dans l’article. "Je subis depuis plusieurs mois les conséquences de ces rumeurs infondées à mon sujet. Je ne peux que dénoncer cette façon de procéder. Les faits tels qu’ils sont rapportés sont très éloignés de la réalité et je m’expliquerai devant la justice si j’en ai un jour l’opportunité", a-t-il indiqué à nos confrères. Il bénéficie par ailleurs au moins du soutien d’un producteur qui a affirmé, à Médiapart, "Thomas est effondré, on lui bousille la vie et il ne va bientôt plus pouvoir travaille, c’est peut-être un peu disproportionné". Il reste présumé innocent des faits dont il est accusé.

 

Par
Clara Kolodny