En 2010, Anne Alassane marquait les esprits en remportant la toute première saison de MasterChef sur TF1. Son franc-parler et son attachement à la cuisine du terroir avaient conquis le public et le jury, lui permettant d’être sacrée "meilleure cuisinière amatrice de France".
Le parcours de la jeune femme, alors âgée de 34 ans, semblait promis à un bel avenir. En 2016, elle devient cheffe du restaurant Le Lanaud à Boisseuil, avant d’ouvrir un deuxième établissement, La Trattoria Sainte-Anne, à Limoges en 2022.
Mais ce parcours exemplaire s’est heurté à une tragédie personnelle qui a tout bouleversé. Le 2 janvier 2012, deux de ses filles, Louise (4 ans) et Rose (2 ans), périssent dans l’incendie de la maison familiale. Un drame qui avait frappé Anne Alassane en pleine ascension professionnelle.
Des accusations lourdes et une gestion défaillante
Le 21 mai dernier, le tribunal des activités économiques de Limoges a rendu son verdict concernant la liquidation de sa société Anne Stram Gram. La justice a retenu la responsabilité de la cheffe dans l’insuffisance d’actifs de sa société liquidée, estimant que l’entreprise avait fermé après des "fautes de gestion caractérisées".
Les griefs retenus contre Anne Alassane sont multiples et graves. Il lui est reproché de ne pas avoir réglé ses cotisations sociales à l’URSSAF depuis avril 2022 et à l’Agirc Arrco depuis 2023. Elle n’aurait pas non plus réglé l’intégralité des salaires de ses employés entre novembre 2022 et juillet 2023, tout en maintenant délibérément une activité déficitaire.
Plus grave encore, selon le tribunal, elle se serait abstenue de faire une déclaration de cessation de paiements dans le délai légal. L’ancienne gagnante de MasterChef n’aurait remis aucun document comptable au liquidateur de sa société "malgré de multiples relances". Elle aurait également détourné les actifs d’Anne Stram Gram en organisant une braderie du matériel de son fonds de commerce "quelques semaines avant l’ouverture de la liquidation judiciaire alors même que la société était en état de cessation de paiements". L’argent récolté aurait ensuite été directement crédité sur son compte personnel.
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Pour le tribunal, "ce comportement ne peut s’analyser en une simple négligence". Cette série de manquements lui vaut aujourd’hui d’être condamnée à verser 373 304 euros à la procédure collective et d’être interdite de gérer une société pendant dix ans.
"Je n’ai jamais rien détourné" : Anne Alassane se défend et annonce faire appel
Contactée par Le Populaire du Centre, Anne Alassane a exprimé sa surprise concernant cette décision de justice. "Je n’ai même pas été convoquée à l’audience", regrette-t-elle, affirmant ne pas avoir été informée du jugement.
Face aux accusations, la mère de famille se défend avec véhémence : "Je n’ai jamais rien détourné. J’ai eu des difficultés après le Covid et je ne suis peut-être pas la meilleure gestionnaire, mais je n’ai commis aucune fraude. J’ai géré comme je pouvais…"
Anne Alassane invoque sa situation personnelle complexe pour expliquer certains manquements : "Je n’ai peut-être pas donné tous les documents au liquidateur, mais je suis mère célibataire, j’ai dû déménager toute ma famille et trouver un nouveau travail." La cheffe, qui se dit désormais "dégoûtée à vie de la gestion", a annoncé son intention de faire appel de cette décision.
Anne Alassane reste présumée innocente des faits qui lui sont reprochés jusqu’à clôture définitive du dossier. Son appel sera examiné par la juridiction supérieure.