Dix ans après les faits, Vincent Cerutti se retrouve face aux magistrats. L’ancien animateur de Chérie FM et ex-présentateur de Danse avec les stars est jugé pour agression sexuelle après avoir mordu, à deux reprises, une standardiste de la station. "Ces deux morsures ont une connotation sexuelle évidente", a estimé, mardi 9 décembre, la procureure, réclamant six mois de prison avec sursis et 10 000 euros d’amende. Selon le ministère public, l’animateur visait "exclusivement une partie intime", en l’occurrence les fesses de Caroline Barel.
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L’émotion de la plaignante toujours aussi vive
À la barre, l’émotion de la plaignante était encore vive… Aujourd’hui vice-présidente de l’association MeTooMedia, Caroline Barel a décrit une séquence qui l’a marquée : "Je ne peux absolument pas bouger, la seule chose que j’ai c’est mon cri". Elle a raconté être tombée au sol, "les mains derrière le dos", avant d’être mordue "à la fesse gauche". Une photo d’hématome, versée au dossier, imposera au président du tribunal de reconnaître une marque "assez impressionnante". La jeune femme a affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un geste isolé. "Il avait l’habitude de mordre les fesses de ses collaboratrices. Je l’avais prévenu qu’il n’était pas question qu’il me touche. Pourtant, dès 2015, alors que je ne m’y attendais pas, il s’est acharné comme un chien enragé sur mon fessier", a-t-elle témoigné.
Quelques mois plus tard, un deuxième épisode aurait eu lieu, dans l’escalier menant au studio, lors d’une séance photo pour les réseaux sociaux. Elle se souvient d’un cri si fort qu’il a "alerté une hôtesse d’accueil qui se trouvait un étage au-dessus". Pour Caroline Barel, le contexte joue un rôle déterminant : "On est avant MeToo, je ne sais pas ce que c’est une agression sexuelle". L’ambiance, assure-t-elle, était "très misogyne" et dès son arrivée à la radio, en janvier 2015, Vincent Cerutti lui aurait lancé : "T’as un beau cul dans ce jean, ça donne envie de se mettre dedans". L’animateur reconnaît une morsure, mais nie toute agressivité ou intention sexuelle.
Dix ans de procédures et un procès
Devant les juges, il évoque un "jeu d’équipe" baptisé "Tout cul tendu mérite son dû", comparé au "chat-bite". Selon lui, hors antenne, il s’agissait de mettre "une petite fessée" ou mordre "un ou une collègue qui se penchait mais sans l’intention de faire mal". "On n’est pas sur France Inter", a-t-il plaisanté rappelant qu’il animait une matinale "pour divertir". Ces explications ont laissé la partie civile incrédule… "Il n’y a que Monsieur Cerutti qui mord", a-t-elle rétorqué. Dans son récit, l’animateur aurait même fanfaronné auprès de l’équipe en se vantant qu’il avait "réussi à la mordre, elle qui avait toujours dit non". Caroline Barel avait raconté son histoire publiquement au printemps devant la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur les violences dans le cinéma et l’audiovisuel.
Une première plainte, déposée en 2017, avait été classée sans suite et Caroline Barel avait relancé la justice en mai 2020 en se constituant partie civile. Vincent Cerutti avait été mis en examen le 6 septembre 2023 pour agression sexuelle et devant le tribunal, il a dit avoir "honte d’avoir joué à ce jeu ridicule", mais a jugé "impossible" d’être l’auteur d’une agression puisqu’il s’est même revendiqué "féministe". Pour la procureure, "ces deux morsures" ne peuvent être réduites à une plaisanterie et le jugement sera rendu le 4 février 2026.