Affaire Gérard Miller : le psychanalyste accusé d’agressions sexuelles et comportement inapproprié par dix nouvelles femmes

Publié le 8 février 2024 à 5:59
Aurore Marechal/ABACAPRESS.COM
Après trois femmes, dix nouvelles victimes présumées sont sorties du silence pour dénoncer ce qu’elles auraient subi de la part de Gérard Miller. De nouvelles accusations que le principal intéressé nie.

Ancien chroniqueur incontournable de Laurent Ruquier, Gérard Miller fait parler de lui depuis quelques semaines pour de biens sombres raisons. Le psychanalyste est en effet accusé par plusieurs femmes d’avoir profité de ses séances d’hypnose pour commettre un viol et des agressions sexuelles. "Soudain, un truc dans mon cerveau m’a sortie de la torpeur. Je me suis dit qu’il se passait quelque chose d’anormal", a par exemple raconté la journaliste et auteure Muriel Cousin fin janvier dans Elle qui a révélé l’affaire.

Cette enquête de Elle semble avoir libéré la parole. Médiapart a en effet annoncé mercredi soir avoir enquêté après avoir reçu dix nouveaux témoignages de femmes, dont trois mineures, accusant Gérard Miller des mêmes faits mais aussi d’avoir eu un comportement inapproprié. "L’une d’elle a adressé sa plainte au parquet de Paris le 6 février", précise dans une vidéo la journaliste de Médiapart Marine Turchi qui ajoute que les faits se seraient déroulés au cabinet ou au domicile de Gérard Miller.

Comment Gérard Miller repère les femmes qu’il invite chez lui

"Les accusations sont de gravités différentes mais le rituel décrit est presque toujours le même. De très jeunes femmes décrivent que Gérard Miller les invite chez lui souvent après avoir été abordées dans le public d’émissions de Laurent Ruquier ou Michel Drucker où il était chroniqueur", poursuit Marine Turchi en affirmant que de l’alcool ou des séances d’hypnose auraient été proposées aux jeunes femmes. "Certaines se sont enfuies (…) se sentant mal à l’aise ou en danger. Deux lycéennes racontent qu’il leur aurait demandé si elles étaient vierges. Une autre affirme qu’il l’aurait poursuivie autour de son bureau et qu’elle aurait dû simuler une crise de panique pour pouvoir s’enfuir", ajoute Sarah Brethes, qui a cosigné l’enquête de Médiapart.

Contacté par Médiapart, Gérard Miller n’a pas "contesté ces rencontres avec des jeunes femmes parfois mineures", mais il a nié avoir contraint ces dernières à faire quoi que ce soit. Le psychanalyste a aussi pris la parole mercredi soir sur les réseaux sociaux. "Tout en indiquant avoir eu tout au long de ma vie un grand nombre de rencontres, attractions ou aventures, aussi bien avec des femmes de mon âge qu’avec des femmes plus jeunes, tout en reconnaissant qu’il était aujourd’hui évident pour moi, mais pas à l’époque, qu’il avait pu parfois y avoir entre des femmes plus jeunes et moi, compte tenu de mon statut d’« homme de pouvoir », une dissymétrie qui me semblerait à présent rédhibitoire, j’ai d’emblée précisé m’être toujours assuré du consentement des femmes que j’ai pu fréquenter et récusé de la façon la plus catégorique qui soit toute agression sexuelle et, à plus forte raison, tout viol", a-t-il notamment écrit.

Par
Clara Kolodny