L’affaire qui a secoué le monde du rugby français en 2023 vient de connaître un nouveau rebondissement. La cour d’appel de Mendoza, en Argentine, a confirmé l’abandon des poursuites contre les rugbymen Hugo Auradou et Oscar Jegou, initialement accusés de viol. Cette décision, rendue mardi 18 février 2024, vient appuyer le non-lieu prononcé en décembre dernier par la juge Eleonora Arenas. L’affaire remonte à l’été 2023, lorsque le XV de France effectuait une tournée en Argentine. Après une soirée festive à Mendoza, une femme avait porté plainte contre les deux joueurs français, affirmant avoir été victime d’un viol dans une chambre d’hôtel. L’enquête s’était rapidement ouverte et les deux hommes avaient été placés sous contrôle judiciaire par les autorités locales. L’affaire avait immédiatement pris une ampleur médiatique considérable, mettant en suspens la carrière des deux jeunes espoirs du rugby français.
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Une décision de justice favorable aux joueurs
Dès le départ, Hugo Auradou et Oscar Jegou avaient nié les faits, affirmant que la relation avec la plaignante était consentie. Le XV de France avait alors adopté une position de prudence, suspendant les joueurs en attendant les conclusions de l’enquête judiciaire. Dans une résolution de neuf pages, consultée en exclusivité par nos confrères du Parisien, les trois juges de la cour d’appel ont rejeté l’appel de la plaignante, estimant qu’aucun élément ne permettait de maintenir une mise en examen sérieuse des deux joueurs. "Il convient de confirmer le non-lieu prononcé en première instance", ont-ils statué.
L’avocat des deux rugbymen, Me Antoine Vey, a réagi auprès du journal Le Parisien, soulignant que cette décision confirmait l’innocence de ses clients : "J’espère que c’est maintenant définitivement l’épilogue de cette phase judiciaire. Cette décision a confirmé qu’ils étaient innocents. Ce n’est pas une décision au bénéfice du doute, elle est motivée. Les joueurs bénéficient d’un non-lieu définitif, ils ne peuvent plus être poursuivis par la justice argentine".
Une affaire qui pourrait ne pas être définitivement close ?
Les juges ont mis en avant les "inconsistances dans les diverses déclarations" de la plaignante et ont conclu que "la version des faits soutenue par l’accusation ne trouve pas d’appui dans les divers éléments objectifs incorporés au dossier". Ils ont également souligné que si la plaignante avait traversé des périodes difficiles sur le plan physique et mental depuis le dépôt de plainte, aucune preuve ne permettait d’imputer ces souffrances aux accusés.
Si la cour d’appel de Mendoza a confirmé l’abandon des poursuites, la plaignante dispose encore de plusieurs recours juridiques. Selon son avocate, Me Natacha Romano, l’affaire n’est pas terminée : "Ce n’est pas un verdict définitif contrairement à ce que prétend le camp de la défense. Nous allons désormais porter l’affaire devant la Cour suprême de Mendoza". En dernier recours, elle pourrait également saisir la Cour suprême nationale d’Argentine, voire la Cour interaméricaine des droits de l’homme.
Et l’avocat des deux rugbymen de réagir ainsi à cette possibilité : "L’accusatrice peut toujours tenter de saisir la cour panaméricaine, et les réseaux médiatiques, mais en droit, l’affaire est définitivement clôturée. On ne peut pas espérer une décision de justice contraire quand on apporte aucun élément nouveau. J’espère qu’ils pourront maintenant retrouver un équilibre personnel et que leur image ne sera plus troublée. Qu’on arrête d’agiter cette affaire comme si c’était la marque d’un déshonneur".