Adèle Haenel : Christophe Ruggia sera jugé pour agressions sexuelles sur mineure

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:47
Marechal Aurore/ABACA
En novembre 2019, Adèle Haenel a accusé publiquement Christophe Ruggia de harcèlement et d'agressions sexuelles. L'actrice a porté plainte dans la foulée et le réalisateur sera jugé les 9 et 10 décembre prochains. 

C’est avec le film "Les Diables" de Christophe Ruggia qu’Adèle Haenel est révélée au grand public alors qu’elle est adolescente. En novembre 2019, le monde du cinéma français a été secoué par les révélations de l’actrice qui a accusé le réalisateur et a porté plainte contre lui. La comédienne a révélé dans une enquête publiée par nos confrères de Mediapart qu’elle avait été victime de harcèlement et d’agressions sexuelles de la part de Christophe Ruggia entre ses 12 et 15 ans. Les faits se seraient déroulés entre 2001 et 2004, durant et après le tournage du film "Les Diables". Adèle Haenel a expliqué qu’elle avait gardé le silence pendant des années, par peur et par sentiment de culpabilité.

Le réalisateur jugé les 9 et 10 décembre prochains

Christophe Ruggia a été mis en examen, en janvier 2020, pour "agressions sexuelles sur mineure de 15 ans par personne ayant autorité" et en août dernier, on a appris qu’une juge d’instruction avait ordonné que le réalisateur soit jugé les 9 et 10 décembre prochains devant le tribunal correctionnel de Paris pour des faits d’agressions sexuelles aggravées commises sur l’actrice, comme l’ont annoncé nos confrères de franceinfo. La juge d’instruction a souhaité retenir deux circonstances aggravantes, à savoir, la minorité de l’actrice au moment des faits et la position d’autorité du réalisateur. Ce dernier encourt une peine de dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.  

Les révélations de Mediapart 

Mediapart a consulté l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel rédigée par une magistrate au terme de quatre ans d’instruction. Nos confrères rapportent que "Selon la juge d’instruction qui a ordonné ce renvoi, Adèle Haenel a dénoncé de manière ‘circonstanciée, constante et précise plusieurs épisodes d’attouchements de nature sexuelle sur son sexe et sa poitrine’". Après le tournage "éprouvant" des Diables, sorti en 2002, Adèle Haenel s’est rendue chaque samedi, et ce, dès l’âge de 12 ans, au domicile de Christophe Ruggia, "sous couvert d’apprentissage cinématographique, dans un contexte, selon elle, de forte emprise". Nos confrères rapportent que la juge a noté que Christophe Ruggia a des "explications peu claires et inadaptées au regard notamment du vocabulaire qui peut être qualifié de ‘sexualisé’ qu’il a pu employer s’agissant d’une enfant". Le réalisateur ne serait pas parvenu à expliquer le fait qu’il ait organisé des rendez-vous chaque semaine avec "une jeune adolescente de 12 ans".

"D’après la juge, en lien avec ‘l’absence de consentement’, la ‘contrainte est caractérisée’ par plusieurs éléments : l’âge d’Adèle Haenel et sa ‘vulnérabilité particulière au moment des faits’ ; l’ ‘importante’ différence d’âge entre elle et Ruggia ; ‘l’absence totale de connaissance de la sexualité pour Adèle Haenel’ et ‘l’autorité de Christophe Ruggia sur elle liée à leurs différences de statut professionnel’", a détaillé Médiapart. Aussi, une expertise psychologique d’Adèle Haenel a démontré que l’actrice ne présente "pas de tendance à l’affabulation. Christophe Ruggia continue de nier les faits qui lui sont reprochés et parle même d’une "réinterprétation" par la comédienne qui se serait, selon ses dires, créé une "réalité parallèle". Affaire à suivre. 

Par
Kahina Boudjidj