Gérard Darmon accusé de violences sexistes et sexuelles par 9 femmes : « Une personne qui est toute-puissante… »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:48
Christophe AUBERT / TELE 7 JOURS
MeToo - Plusieurs femmes viennent de prendre la parole pour porter de graves accusations de violences sexistes et sexuelles à l’encontre du comédien Gérard Darmon.

Une nouvelle affaire #MeToo ébranle le monde du cinéma français. Et cette fois-ci, c’est le comportement en tournage de Gérard Darmon (Le Cœur des hommes, La Cité de la peur, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre) qui est pointé du doigt par plusieurs femmes dans une enquête publiée par Politis. "Neuf femmes décrivent des propos et des gestes « déplacés » (…) sur le tournage de six films", précisent ainsi nos confrères en préambule de leur article. 

Gérard Darmon accusé de gestes déplacés, violences sexistes et sexuelles

Le comédien, qui affiche plus de 50 ans de carrière derrière lui, fait l’objet de graves accusations par plusieurs femmes travaillant dans l’équipe technique. Ces dernières, qui dénoncent "l’impunité accordée à l’artiste" et sa "toute-puissance", affirment avoir subi "des contacts physiques non consentis, des humiliations ou des propositions à caractère sexuel". Des faits qui se seraient déroulés entre 2018 et l’été 2024. Stagiaire sur un film rassemblant Gérard Darmon et Josiane Balasko, Delphine (prénom d’emprunt) décrit ainsi "un homme très mielleux, appuyant ses bises au coin de la bouche". La jeune femme, qui affirme avoir été en "burn-out pendant le tournage", aurait reçu plusieurs propositions sexuelles du comédien malgré ses divers refus. "Tu vas le regretter, tu vas tomber dans mes bras dans quelques semaines", lui aurait répondu Gérard Darmon avant de s’en prendre à elle lorsqu’elle lui aurait rappelé leur différence d’âge. "Il me parlait extrêmement mal. Il me disait « Bonjour chienne, tu préfères que je t’appelle chienne ou petite cochonne ? »", raconte la jeune technicienne qui aurait porté plainte contre la production pour "non-protection". "La production ne m’a pas protégée. Elle n’a pas voulu me mettre en sécurité et a privilégié l’acteur et la poursuite du film", dénonce-t-elle à Politis en précisant avoir quitté le projet en plein tournage "dans un état un peu minable".

Des témoins accusent Gérard Darmon de gestes déplacés

Un témoin présent sur le tournage confirme à nos confrères avoir bien entendu le surnom "chienne". Cette personne, qui témoigne anonymement, décrit elle aussi "un comportement inapproprié" avec des "réflexions constamment graveleuses" à des jeunes femmes. "Ce sont des relations d’emprise d’une personne qui est toute-puissante et qui sait que si elle part, le film s’arrête", ajoute-t-elle. "Il va s’orienter vers des jeunes femmes qui ont moins la possibilité ou le caractère d’imposer tout de suite des limites", affirme également un autre membre de l’équipe du film qui raconte, de son côté, avoir réagi après "une blague lourde, graveleuse et à connotation sexuelle". La première assistante réalisatrice du film accuse de son côté Gérard Darmon de lui "avoir mis la main entre les cuisses pour lui dire bonjour". "Ça va, tu ne vas pas me faire un MeToo", aurait répliqué le comédien à la jeune femme qui était "assise, les jambes croisées". Il aurait arrêté de lui parler pendant deux semaines après cet incident.

Gérard Darmon réagit aux accusations de comportement déplacé 

Les mêmes accusations ressortent pour le film On fait quoi maintenant ? (2024). "Au fur et à mesure de mes allers-retours, j’entends des remarques. Des blagues sur ma tenue, des réflexions sur mon débardeur (…) Il observe ma poitrine, mes hanches (…)  Il met une main en bas de mon dos (…) La seule interaction qu’il est capable d’avoir avec moi, c’est sur mon physique. Je sentais que mon corps était épié, scruté", accuse une technicienne qui a organsié, avec d’autres femmes du plateau, une "journée du short" pour protester contre ces remarques. "Nous n’avons pas beaucoup parlé, mais moi, je t’ai regardé [sic] quand tu ne le savais pas. Et j’ai bien aimé. À bientôt. Gérard Darmon", lui aurait écrit le comédien dans son carnet de fin de tournage. Sur un autre film, il aurait "attrapé le visage" d’une technicienne avant "se coller quasiment à ses lèvres" pour lui dire "Ah, cette bouche, qu’est-ce que j’aimerais l’embrasser !".

Contacté par nos confrères qui citent d’autres témoignages de femmes, Gérard Darmon a nié les faits et refusé de répondre à leurs questions. "Qu’est-ce que ça peut te foutre ? Espèce de commère. Viens me voir en face", aurait-il ajouté après avoir été interrogé à propos du mot de fin de tournage. Il reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.

Par
Clara Kolodny