La disparition d’Ornella Vanoni marque la fin d’une époque pour la musique italienne… Icône transalpine au timbre inimitable, diva à la crinière rousse, elle avait traversé soixante ans de scène avec élégance ! L’artiste, notamment connue pour son titre L’Appuntamento s’est éteinte vendredi 21 novembre, à son domicile de Milan, à l’âge de 91 ans, terrassée par une crise cardiaque.
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Une voix qui a façonné la culture italienne
Interprète rare, chantant à la fois avec douceur et puissance, Ornella Vanoni aura vendu plus de 50 millions de disques au cours de sa carrière ! Une longévité exceptionnelle qui lui a permis de s’imposer comme l’une des figures majeures de la musica leggera, cette chanson populaire italienne qui a traversé les décennies. Le gouvernement italien lui-même a rendu hommage à une artiste devenue patrimoine national. "Avec la disparition d’Ornella Vanoni, l’Italie perd l’une de ses artistes les plus originales et raffinées. Grâce à sa voix unique et à son talent d’interprète hors pair, elle a marqué l’histoire de la chanson, du théâtre et du spectacle italiens", a déclaré dans un communiqué le ministre de la culture Alessandro Giuli.
Des tubes inoubliables et des collaborations prestigieuses
Durant les années 1960 et 1970, Ornella Vanoni signe ses plus grands succès : La Musica è Finita, Eternità, L’Appuntamento, Una Ragione di Più. Ces titres font d’elle une star dans toute l’Italie, puis dans le monde latin. Son aura a attiré les plus grands musiciens et au fil de sa carrière, elle a collaboré avec George Benson, Herbie Hancock, Vinícius de Moraes, Toquinho, Eros Ramazzotti, Franco Califano, ou encore Gino Paoli, compagnon de route artistique et sentimental. Une complicité légendaire qui a nourri certaines de ses plus belles interprétations.
Née à Milan le 22 septembre 1934, Ornella Vanoni ne se destine pas d’abord à la chanson. Elle débute au théâtre, guidée par le metteur en scène Giorgio Strehler, qui sera à la fois son mentor, son partenaire et la première grande influence de sa carrière. En 1964, elle triomphe au Festival de Naples, puis foule à huit reprises la scène mythique du Festival de San Remo. En 1968, elle y frôle la victoire avec Casa Bianca et trente ans plus tard, en 1999, San Remo lui décerne un prix d’honneur, une première dans l’histoire de la compétition.
Un personnage public fascinant
Artiste spontanée, souvent fantasque, Ornella Vanoni ne séparait jamais totalement la scène de sa vie personnelle. Les années 1980 et 1990 la voient occuper régulièrement les pages des magazines, où elle assume ses amours, ses ruptures et ses excès, sans rien masquer… Une liberté qui contribuait à son aura, celle d’une femme indomptable, sincère, parfois déroutante. Son ultime album, Diverse, sorti en 2024, proposait une relecture moderne de ses classiques, preuve que l’artiste se refusait à la nostalgie.
Avec la mort d’Ornella Vanoni, c’est une partie de l’âme musicale de l’Italie qui s’éteint. GQ Italia écrit : "On dit qu’Ornella Vanoni était une seule et même personne. En réalité, elles étaient au moins trois : la jeune fille qui n’a jamais vieilli, la dernière survivante d’un Milan cultivé et insolent, la séductrice involontaire qui ignorait son propre charisme. Quand elle est partie, ce n’est pas seulement une chanteuse qui a disparu : ce sont trois femmes en une qui se sont évanouies. Et avec elles, un certain Milan, une certaine idée de la jeunesse et une manière d’être au monde qui semblent aujourd’hui presque exotiques".
"Aucune des trois ne reviendra, et c’est peut-être mieux ainsi : les légendes, les vraies, ne laissent pas d’héritiers. Elles restent en suspens, pour nous rappeler que la vie peut se vivre aussi de cette manière : avec une voix rugueuse, un amour mal choisi, un rire en retard et une liberté qui ne demande la permission à personne. Le reste, comme elle le chantait, est sans fin", ont si bien conclu nos confrères.