Mort du streamer Jean Pormanove : Drake va financer ses obsèques et la plateforme Kick prend des mesures suite à l’ouverture d’une enquête

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:38
Capture d'écran Instagram
La mort en direct du streamer Jean Pormanove, dit JP, survenue dans la nuit du 17 au 18 août lors d’un marathon sur Kick, a provoqué une onde de choc. Entre accusations de maltraitance visant ses compagnons de live, enquête judiciaire ouverte et bannissement immédiat des streamers impliqués par la plateforme, le drame soulève de vives interrogations sur les dérives du streaming extrême.

Dans la nuit du 17 au 18 août, le monde du streaming a été frappé par une tragédie… Jean Pormanove, connu sous le surnom de JP et de son vrai nom Raphaël Graven, est mort dans son sommeil à Contes, près de Nice, alors qu’il participait à un live de dix jours sur la plateforme Kick. Âgé de 46 ans, il diffusait aux côtés de ses "amis" streamers Safine et Naruto, membres du collectif Lelokal. Rapidement, de nombreux témoignages ont circulé sur les réseaux sociaux, évoquant un possible manque de sommeil, l’ingestion de produits toxiques et même des violences physiques subies par le streamer avant sa mort…

Des antécédents déjà connus

Des images montrant ses camarades tentant de le réveiller en lui lançant une bouteille de plastique ont choqué les internautes, renforçant l’idée d’une maltraitance répétée. Une autopsie et une enquête judiciaire ont été ouvertes par le parquet de Nice pour éclaircir les circonstances exactes du drame. Ce n’est pas la première fois que Lelokal se retrouve sous le feu des critiques. 

L’an dernier, le collectif avait déjà été inquiété par la justice pour plusieurs motifs, dont "provocation publique […] à la haine ou à la violence à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur handicap", "violences volontaires en réunion sur personnes vulnérables" et "diffusion d’enregistrement d’images relatives à la commission d’infractions". En décembre, Mediapart avait également dénoncé les humiliations et sévices que JP aurait régulièrement subis devant les caméras.

L’un des steamers pointé du doigt prend la parole

Malgré les accusations, certains membres de Lelokal ont réagi en publiant des hommages. Le streamer Naruto a d’abord écrit : "J’ai toujours redouté le jour où je devrais écrire ces mots. Malheureusement, cette nuit, JP (Raphaël Graven) nous a quittés. Mon frère, mon acolyte, mon partenaire. Six années côte à côte, sans jamais nous lâcher. Je t’aime mon frère et tu vas terriblement nous manquer. Je vous demande à tous de respecter sa mémoire et de ne pas partager la vidéo de son dernier souffle dans son sommeil. Pour sa famille, et pour nous, sa deuxième famille Lelokal. Repose en paix mon frère". Face aux critiques grandissantes, il a ensuite ajouté, en publiant une photo de Jean Pormanove l’embrassant sur la joue : "Personne ne sait, mais tout le monde parle. On s’aimait et c’est tout ce qui compte".

Kick bannit les streamers impliqués

Sous pression après la diffusion en direct de ce décès, la plateforme Kick a réagi par un communiqué officiel : "Nous sommes profondément attristés par la disparition de Jean Pormanove et adressons nos sincères condoléances à sa famille, à ses amis et à sa communauté. Tous les co-streamers ayant participé à cette diffusion en direct ont été bannis dans l’attente de l’enquête en cours".

Kick précise également vouloir revoir sa politique en France et rompre certains partenariats : "Nous nous engageons à collaborer pleinement avec les autorités dans le cadre de ce processus. En outre, nous avons mis fin à notre collaboration avec l’ancienne agence française de réseaux sociaux et entreprenons une révision complète de notre contenu en français".

Une affaire qui dépasse les frontières

L’émotion dépasse désormais les frontières françaises. Le streamer américain Adin Ross, suivi par plus de 6 millions d’abonnés, a pris la parole sur X, ancien Twitter. "C’est horrible et dégoûtant. Quiconque a participé à cette affaire mérite de subir de lourdes conséquences", a-t-il d’abord écrit. Quelques heures plus tard, il a annoncé avec le rappeur Drake leur intention de prendre en charge les funérailles de Jean Pormanove : "Je viens de parler à Drake. Drake et moi prendrons en charge les frais funéraires. Cela ne le ramènera pas à la vie, mais c’est la moindre des choses qu’on puisse faire. Nos prières vont à la famille de Jean". L’enquête en cours devra déterminer les responsabilités précises dans cette affaire qui, pour beaucoup, soulève une question urgente : jusqu’où peut aller le streaming en quête de sensations fortes, et à quel prix ?

Par
Kahina Boudjidj