Sans avoir toujours rencontré la reconnaissance qu’elle méritait, son œuvre n’en reste pas moins prisée des connaisseurs et même revendiquée comme une influence majeure par toute une bande de jeunes disciples (Axelle Ropert, Laurent Achard, Serge Bozon, Yann Gonzalez, etc…).
Son territoire de prédilection était celui du mélodrame, un genre propice aux tempêtes émotionnelles ainsi qu’à toutes sortes de déviations et d’exagérations. Il a livré quelques bijoux tourmentés, sombres, douloureux et impudiques, comme Corps à corps (1978), Rosa la rose, fille publique (1985) ou Once More (1987). Surtout, il a légué un véritable modèle d’indépendance artistique, ayant produit et distribué non seulement ses propres films, mais aussi ceux des autres, grâce à sa société, Diagonale, siège d’une des rares expériences collectives de création au sein du cinéma français.
Né le 28 avril 1930 à Ajaccio, Paul Vecchiali grandit à Toulon, avec une mère institutrice et un père miraculeusement rescapé de la Grande Guerre qui, à la fin de la suivante, est accusé de collaborationnisme.
Sa rencontre avec le cinéma a lieu très tôt, dès l’âge de 6 ans, et prend la forme d’un choc : devant Mayerling (1936), d’Anatole Litvak, il se pâme devant la pétillante Danielle Darrieux, à laquelle il voue dès lors un culte ardent. Il confiera à la légendaire actrice, quarante-sept ans plus tard, le rôle principal d’En haut de l’escalier (1983) : celui de sa propre mère, qu’il imagine revenir à Toulon pour accomplir sa vendetta contre les ennemis du passé.
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Tout au long des années 60, Vecchiali se partage entre plusieurs activités qui, pour lui, resteront toujours intrinsèquement liées. En 1963, il entre dans les Cahiers du cinéma, la prestigieuse revue à la couverture jaune, et écrit sur ses cinéastes préférés (Robert Bresson, Jean-Luc Godard, Jacques Demy).
Il réalise également les premiers moyens métrages de son ami Jean Eustache, Mauvaises associations (1964) et Le Père Noël a les yeux bleus (1966). Il se consacre enfin à ses propres films, passant allègrement du court au long métrage et du grand écran à la petite lucarne.
Au total, Paul Vecchiali a tourné plus d’une cinquantaine de films dont 30 longs-métrages.
Mélissa Tellaa