Plus d’un mois après la mort soudaine de Werenoi, survenue le 17 mai à 31 ans, l’émotion a laissé place à un conflit judiciaire. Le rappeur, de son vrai nom Jérémy Bana Owona, originaire de Montreuil, s’était imposé comme l’une des figures montantes du rap français. Mais depuis son décès, ses proches, représentés par l’avocat Mourad Battikh, accusent Fatima Ben Jelloul, présentée comme sa compagne, de détenir "injustement" un million d’euros sur un compte à Dubaï, somme désormais destinée à ses enfants.
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"Madame Fatima Ben Jelloul s’oppose à toute restitution et préfère diffamer les proches de Werenoi dans la presse", a même affirmé Me Battikh. Le climat s’est tendu lorsque Fatima Ben Jelloul a porté plainte, accusant le producteur de l’artiste, Babiry Sacko, et trois autres hommes de l’avoir agressée dans un bar à chicha à Montreuil, quelques jours après la mort du rappeur. Elle affirme avoir été frappée, privée de son passeport et menacée afin de céder l’accès aux fonds. Elle a également déposé plainte pour cyberharcèlement.
De son côté, le producteur dénonce une escroquerie et réclame la restitution de la somme aux enfants de Werenoi. "L’entourage de Werenoi s’interroge désormais sur les circonstances de son décès (…) et invite à nouveau Madame Fatima Ben Jelloul à restituer aux enfants de Werenoi la somme escroquée et indûment conservée", indique le communiqué de Me Battikh. Dernier rebondissement ? Babiry Sacko a été placé en garde à vue le 30 juillet dernier, avant d’être déféré et placé sous contrôle judiciaire.
Les accusations initiales requalifiées, le producteur maintient son innocence
Il sera jugé le 24 octobre pour "violences en réunion" et "provocation à commettre un délit par un moyen de communication". "Mon client est victime dans ce dossier. Nous avons pleine confiance en la justice (…) pour établir les responsabilités", a déclaré Me Battikh, annonçant également des actions en France et à Dubaï "destinées à permettre la traçabilité des fonds (…) et surtout leur restitution à ceux à qui ils reviennent de droit". Le label PLR Music a publié ce lundi 4 août un communiqué officiel pour apporter des précisions sur la situation judiciaire de Babiry Sacko.
Selon le communiqué, à l’issue de la garde à vue, les autorités ont requalifié les faits, écartant les accusations initiales pour ne retenir que "violences volontaires ayant entraîné une ITT de moins de 8 jours" et "provocation à l’atteinte à l’intégrité physique". PLR Music estime que cette décision "témoigne de la faiblesse des accusations initiales", soulignant que les faits de vol et d’extorsion ont été formellement retirés. Babiry Sacko "conteste formellement l’ensemble des faits reprochés" et rappelle qu’il demeure présumé innocent.
Un appel à la retenue
Il affirme vouloir défendre ses droits "avec rigueur et détermination", tout en exprimant sa pleine confiance dans la justice française. Le communiqué précise également que Babiry Sacko et PLR Music ont déposé plainte à Paris et à Dubaï pour récupérer des sommes “indûment soustraites”, dans l’objectif, une nouvelle fois, de les remettre aux enfants du défunt Werenoi. Enfin, le label appelle au respect du temps judiciaire, à la retenue sur les réseaux sociaux et au rejet de toute animosité : "Aucune haine, envers quiconque, ne saurait se substituer à la justice. Laissons la justice faire son travail, avec calme, dignité et respect".