Le monde de la musique perd l’un de ses plus grands visionnaires. Sly Stone, de son vrai nom Sylvester Stewart, est décédé à l’âge de 82 ans, laissant derrière lui une influence majeure sur des générations d’artistes. Fondateur du groupe emblématique Sly and the Family Stone, il a été l’un des premiers à faire fusionner funk, soul, rock psychédélique et messages sociaux dans une même alchimie sonore inédite.
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Une icône flamboyante s’est éteinte
Né en 1943 à Denton, au Texas, Sly Stone grandit dans une famille méthodiste où la musique gospel rythme le quotidien. Enfant prodige, il maîtrise rapidement plusieurs instruments, piano, guitare, basse, batterie, et entame une carrière de producteur dès les années 1960 au sein du label Autumn Records. Mais c’est en 1966 qu’il va faire basculer l’histoire de la musique populaire, en créant Sly and the Family Stone, une révolution à l’époque.
Porté par des titres devenus légendaires comme Everyday People, Dance to the Music, Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin) ou encore Family Affair, le groupe impose un son neuf, résolument moderne, mêlant grooves, lignes de basse, harmonies vocales riches et textes engagés. Sur scène, Sly Stone est un showman magnétique, icône flamboyante et symbole d’un idéal de fraternité post-ségrégationniste.
Une figure inspirante
Le succès est fulgurant, mais la trajectoire de Sly Stone sera aussi marquée par des excès : consommation de drogues, retards chroniques, tensions internes… Le groupe implose peu à peu et après sa séparation officielle au milieu des années 1970, Sly poursuit une carrière solo en dents de scie. Reclus et ruiné, il devient une figure tragique du génie sacrifié, malgré quelques tentatives de come-back et de rares apparitions publiques.
Il aura pourtant marqué profondément des artistes comme Prince, George Clinton, Michael Jackson ou encore les Red Hot Chili Peppers. Son influence dépasse les frontières du funk pour irriguer tout un pan de la musique contemporaine, jusqu’au hip-hop qui samplera abondamment son œuvre.
En 2023, il avait publié son autobiographie, Thank You (Falettinme Be Mice Elf Agin), dans laquelle il revenait sans filtre sur sa gloire, ses démons et sa descente aux enfers… "J’ai fait de mon mieux avec ce que j’avais, mais j’ai souvent eu peur d’être heureux", avait-il écrit. La nouvelle de sa disparition a suscité une vive émotion et sur les réseaux sociaux, des dizaines d’artistes lui ont rendu hommage, saluant un "pionnier".