En juin 1973, Ahmed Bouchikhi a été assassiné par erreur à Lillehammer en Norvège – où il vivait depuis plusieurs années et travaillait en tant que serveur – par le Mossad. Il a été tué sous les yeux de sa femme norvégienne, qui était enceinte, et avec qui il venait de se marier.
Chico Bouchikhi en a voulu "à la terre entière" après le meurtre de son frère
Le frère de Chico, membre du groupe star des Gipsy Kings, a été confondu les services secrets du renseignement israélien avec Ali Hassan Salameh, l’un des suspects de la prise d’otage meurtrière visant des athlètes israéliens aux Jeux Olympiques de Munich de 1972. "Ça a été une erreur, une bavure et une tragédie, surtout, pour ma famille et moi-même. Ni explications, ni excuses. Jusqu’à aujourd’hui. Ce qui est incroyable, c’est comment ça peut arriver ?… On dirait une fiction, quoi. (…) On en veut à la terre entière parce qu’on ne comprend pas ce qui se passe, il n’y a rien qui le liait (à cette affaire)" raconte le chanteur Chico Bouchikhi dans On refait la télé ce samedi sur RTL. Il avait 19 ans lorsque son frère a été abattu.
L’UNESCO invite Chico et les Gypsies en Norvège : "J’y ai été amené par mon frère"
Vingt-trois ans plus tard, sans connaître son lien de parenté avec la victime, l’UNESCO l’a invité à se produire avec son groupe Chico and the Gypsies lors du premier anniversaire des Accords d’Oslo, qui était le traité de paix entre le premier ministre israélien Shimon Peres et le Président de l’Autorité Palestinienne, Yasser Arafat. L’événement se déroule "dans le pays où mon frère a été assassiné", et le symbole est d’autant plus fort que Ahmed était la personne qui lui avait offert sa "première guitare" lorsqu’il avait 12 ans. "Shimon Peres et Yasser Arafat montent sur la scène et me serrent la main, et ils ne savent même pas qui je suis. Pour eux, je suis Chico des Gipsy Kings. Ils ne connaissent pas mon histoire, et l’UNESCO non plus. (…) On dirait que j’y ai été amené par mon frère", explique le musicien qui a "épuisé" Anne-Élisabeth Lemoine cette semaine dans C à Vous.
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Chico Bouchikhi : "J’ai pardonné, parce que c’est le seul chemin"
Un an plus tard, l’UNESCO est "tellement touchée par cette histoire" que le directeur général de l’UNESCO, Federico Mayor, a nommé Chico Bouchikhi "Envoyé spécial de l’UNESCO pour la Paix". "Je l’ai été pendant vingt-cinq ans avec comme parrain le Commandant Coustaud. Suite à tout ça, j’ai pardonné parce que c’est le seul chemin qu’on peut prendre pour se reconstruire et aller de l’avant dans la vie", conclut l’ami de Brigitte Bardot.