Udo Kier s’est éteint dimanche 23 novembre matin, à l’âge de 81 ans, a annoncé son compagnon Delbert McBride au média Variety. Avec près de 260 films à son actif, l’acteur allemand était devenu une figure incontournable aussi bien du cinéma d’auteur que du fantastique. Son regard bleu acier, sa silhouette fine et sa beauté en faisaient un interprète immédiatement identifiable, capable de mêler élégance et inquiétude.
Une carrière débutée dans les années 1970
Sa carrière s’ouvre dans les années 1970 au cœur du cinéma expérimental avec Chair pour Frankenstein (1973) et Du sang pour Dracula (1974), réalisés par Paul Morrissey pour la Factory d’Andy Warhol, qui révèlent un acteur capable de réinventer les mythes du fantastique grâce à "une interprétation intensément doloriste, sur la brèche du sadomasochisme" comme le soulignent nos confrères du Monde. En parallèle, il devient un visage familier du cinéma de Fassbinder, jouant "tantôt un terroriste (La Troisième Génération, 1979), tantôt un délateur sous le régime nazi (Lili Marleen)".
Gus Van Sant lui offre ensuite son premier rôle marquant aux États-Unis dans My Own Private Idaho, où il incarne M. Hans, "qui, dans une scène hallucinée, chante une chanson macabre" à River Phoenix et Keanu Reeves. Une apparition depuis devenue culte. Dans les années 1990 et 2000, il multiplie les seconds rôles en studio : Ace Ventura : Détective pour animaux, Armageddon, ou encore Blade. Au même moment, Lars von Trier fait appel à lui dans la plupart de ses films, faisant d’Udo Kier un complice artistique essentiel, de Breaking the Waves à Melancholia. Plus récemment, l’acteur était apparu dans The Secret Agent (2025) de Kleber Mendonça Filho, couronné de nombreux prix.
Un héritage unique dans le cinéma moderne
Acteur caméléon, symbole d’une sensualité trouble et d’une modernité radicale, Udo Kier laisse une empreinte unique dans l’histoire du cinéma. Qu’il soit vampire, bourreau, ou simple apparition fugace, il savait tout transformer en geste artistique… "Il a contribué à rénover les anciens mythes fantastiques – ceux de Dracula, de Frankenstein, du Docteur Jekyll ou de Jack l’Eventreur – en exposant toute leur ambiguïté sexuelle", soulignent nos confrères du Monde.