Ancienne chroniqueuse de Touche pas à mon poste ! Enora Malagré était une figure emblématique du talk-show de Cyril Hanouna. Pourtant, après plusieurs saisons, E lle a décidé de claquer la porte de l’émission en 2017. Aujourd’hui, elle revient sans détour sa carrière et sur cette période particulière, dans un entretien accordé à la créatrice de contenus Shera, et dresse un bilan amer.
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Enora Malagré : "J’étais persuadée, qu’il fallait que je m’hypersexualise, pour être valable à la télévision"
"Ça fait 5 ans que je ne suis sexualisée ou objetisée. Parce que j’ai vieilli, je sais que je n’ai plus le physique d’avant, c’est normal j’ai 45 ans. Pour ma vraie vie c’est super, pour la télé, évidemment, il y a une date de péremption" a-t-elle ironisé d’emblée. En effet, Enora estime avoir été modelée par une époque où l’hypersexualisation des femmes à la télévision semblait inévitable : "Je fais partie d’une génération où on m’a vraiment déguisée. On m’a mis des décolletés pigeonnant, attifé comme une Barbie, surmaquillé… Le pire c’était que j’étais persuadée, qu’il fallait que je m’hypersexualise, pour être valable à la télévision (…) que sinon on ne me regarderait pas et on ne m’écouterait pas. Donc j’ai largement participé à ce système", regrette-t-elle aujourd’hui.
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Le mea culpa d’Enora Malagré : "J’ai aussi participé à des humiliations envers certaines de mes collègues"
L’animatrice confie également avoir parfois contribué à des séquences humiliantes par effet de groupe : "J’ai aussi participé à des humiliations envers certaines de mes collègues, j’ai ricané devant ces humiliations, envers des filles" déplore celle qui a pris conscience de son comportement : "le réveil fait mal quand tu te rends compte de ce que tu as été à l’antenne."
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Enora Malagré sans filtre sur TPMP : "Après chaque émission, je rentrais et je m’effondrais en larmes"
"J’étais tellement malheureuse à Touche pas à mon poste !" confie-t-elle "parce que je me rendais compte que je commençais à être ma propre caricature (…) Après chaque émission, je rentrais et je m’effondrais en larmes. Et je me rendais bien compte que quand même je ne servais pas à grand-chose. Que ce que je disais n’avait pas vraiment d’intérêt, je tournais en rond dans mes propos". C’est lors d’un reportage en immersion avec des marins en Bretagne qu’Enora a décidé de changer de vie : "Je me suis dit ‘mais tu vas continuer combien de temps à faire de la m*rde’ ? À chier sur tout le monde – ce qu’on me demandait de faire – mais en fait c’est pas Hanouna (Cyril ndlr.) qui se tapait les foudres, c’est nous ! C’est moi ! J’étais payé pour critiquer les collègues".
Par la suite, la chroniqueuse a pris une décision radicale : "Je suis partie du jour au lendemain, sans oseille, sans rien" se rappelle-t-elle, sans regret. "J’ai tellement bien fait. Je me suis sauvée. Je ne dis pas que c’est de la faute d’Hanouna, mais c’est un système, qu’il a fallu que je romps brutalement, parce que j’étais en train de devenir une pauvre fille ".
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Shera, qui a elle aussi connu les coulisses de l’émission, a évoqué la pression ressentie par les chroniqueuses, parfois poussées à participer à des séquences humiliantes. Les deux femmes reviennent notamment sur un passage malaisant où elles ont été invitées à twerker en direct : "Et comme deux chèvres ont est allées au turbin" regrette Enora. "Tous les jours c’était : fais-ci, fais-ça, moi dans ma tête je me disais ‘pourquoi ?’ Mais je le faisais, et je ne peux plus regarder ces images (…) c’est comme si on était sous emprises, pour être la bonne employée du mois."