Lorsqu’ils enregistrent leur cinquième et avant-dernier album, les Doors sortent d’une période mouvementée. Leur précédent disque, le jazzy "The Soft Parade", a été un échec, et le groupe a davantage fait parler de lui à travers les excès de Jim Morrison. Le chanteur a accumulé les provocations tout au long de la tournée de l’année 1969, avec en point d’orgue le célèbre concert de Miami, qui le voit débarquer sur scène avec une heure de retard, haranguer puis insulter son public avant d’être emmené par la police dans un état second, à moitié nu. Poursuivi en justice, Jim Morrison doit se tenir à carreau pour un temps, et le groupe en profite pour se recentrer. "Morrison Hotel" est le résultat de ce moment d’apaisement…
En novembre 1969, quand le chanteur Jim Morrison, le claviériste Ray Manzarek, le guitariste Robby Krieger et le batteur John Densmore se retrouvent à Los Angeles pour enregistrer ce qui va devenir leur cinquième album, Morrison Hotel, ils sont devenus la bête noire de l’Amérique bien-pensante, blacklistés à la radio, interdits de scène. Tout ça, parce que lors d’un concert à Miami, devant 12000 personnes, Jim (certes, un peu « intoxiqué ») a été accusé de comportement indécent… Dans ce film inédit diffusé ce soir sur Arte, les deux membres des Doors encore vivants (Robby et John) racontent, sourire en coin, comment le groupe a enregistré cet album, considéré aujourd’hui comme l’un des classiques du rock. Un disque à la pochette mythique, vendu à plus d’un million d’exemplaires aux États-Unis, 300000 en France. Pour l’anecdote, le piano bastringue que l’on entend sur plusieurs morceaux (dont Maggie M’Gill), était celui utilisé par les Beach Boys sur leur tube Good Vibrations…
The Doors : Morrison Hotel, vendredi 18 novembre à 22h30 sur Arte
FRÉDÉRICK RAPILLY