Denzel Washington est envoyé dans une école privée, loin de New York et des dérives de la délinquance. Il se construit dans le goût du travail, qui lui apparaît comme la seule voie pour échapper à sa condition. Le théâtre, à l’origine hobby d’étudiant, va s’imposer comme une activité sérieuse, et le conduire vers la télévision et le cinéma…
En 1992, au journaliste qui lui demande si Malcolm X, qu’il vient d’incarner pour Spike Lee, est le rôle de sa vie, l’acteur répond: "J’espère que non !" En quarante années, ses rôles, de Steve Biko, militant anti-apartheid, dans Cry Freedom (1987), à Don Pedro d’Aragon, héros de Shakespeare, dans Beaucoup de bruit pour rien (1993), en passant par l’avocat défenseur des droits d’un homosexuel séropositif (Tom Hanks), dans Philadelphia (1993), témoignent aussi bien de son engagement contre les discriminations, que de son désir de ne pas être cantonné aux icônes de la lutte.
En 2001, son interprétation glaçante d’un flic corrompu dans Training Day lui a valu l’Oscar du Meilleur acteur, après Sydney Poitier, premier acteur noir à remporter la prestigieuse statuette, en 1964. Lorsqu’on l’interroge sur l’injustice des Oscars, en creux sur le racisme à Hollywood : "Et alors ? On abandonne ? Si vous cherchez une excuse, vous en trouverez toujours une. La couleur ? Impossible de vivre comme ça. Faites juste de votre mieux." Parole de Denzel !
Denzel Washington, un modèle américain : dimanche 23 octobre à 22h50 sur Arte.
Isabelle Magnier