En 2016, alors que vous n’aviez que 7 ans, vous avez remporté The Voice Kids, sur TF1. Quel souvenir gardez-vous de cette expérience ?
Manuela Diaz. J’en garde vraiment un souvenir inoubliable, parce que c’est ce qui m’a propulsée dans le monde de la musique et que c’est à ce moment-là que j’ai découvert que je voulais faire ça toute ma vie. J’ai rencontré des gens incroyables, et je crois que cette aventure me suivra toute ma vie. C’est grâce à elle que j’en suis là aujourd’hui.
Quel genre de coach a été Matt Pokora pour vous ?
Il était très gentil, très à l’écoute. Comme j’étais la benjamine du programme, il avait une attention toute particulière envers moi, il m’a un peu chouchoutée. Il m’a très bien accompagnée jusqu’à ma victoire, et même au-delà, puisqu’on s’est revues quelques fois après : aux NRJ Music Awards où on a remis un trophée ensemble. puis au Zénith de Montpellier à côté de chez moi, où il m’avait fait monter sur scène. C’était un super coach, toujours dans la bienveillance.
Comment avez-vous vécu la médiatisation à un si jeune âge ?
Au début, c’était un petit peu compliqué. Quand je suis sortie de The Voice Kids, on a attendu pas mal de temps avant de me re-scolariser. J’avais tout juste 8 ans, et quand on allait faire les courses ou qu’on se baladait, c’était très compliqué à gérer. Puis on m’a ramenée à l’école, environ un mois après je crois. Et ça s’est passé comme on l’imaginait : il y a eu des attroupements pendant des jours et des jours sur moi. C’est vrai que ça peut faire peur avec le recul, mais moi, je ne le voyais pas du tout comme ça. Je me régalais, j’étais très fière.
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Manuela Diaz : "Notre communauté est souvent mise à l’écart"
Quel a été votre parcours après The Voice Kids ?
J’ai commencé à faire beaucoup de musique après The Voice Kids. J’ai été contactée de tous les côtés pour faire des concerts. Je me suis régalée. J’ai également fait beaucoup d’émissions de télé, comme les Enfoirés Kids, les NRJ Music Awards, Vendredi tout est permis, Touche pas à mon poste… Je suis aussi partie jusqu’à Tahiti avec mes parents pour participer à Tahiti Quest, sur Gulli. La musique nous a fait beaucoup voyager. Encore d’aujourd’hui, on fait des concerts un peu partout en France. Avec mes parents, qui sont toujours avec moi, on a compris que si on voulait vraiment être libres de faire ce qu’on voulait, il fallait qu’on se gère tout seul. C’est pour ça qu’on a monté notre boîte de production indépendante. On s’amuse à faire la musique qu’on aime, à sortir des singles et à se produire un peu partout en France. Evidemment, là, on a un peu tout mis en stand-by.
Effectivement, vous faite partie de la troupe de la comédie musicale Gitans, qui se joue actuellement au Théâtre libre, à Paris… Aimez-vous l’idée de mettre à l’honneur et de faire découvrir votre communauté, à travers ce spectacle ?
Totalement ! Notre communauté est souvent mise à l’écart, et peu mise en avant. Nous, on en souffre beaucoup, parce que les gens se permettent d’avoir des préjugés, tout ça par manque de connaissances. Donc là, pour moi, et pour tous les Gitans, c’est une vraie chance de faire changer la vision de notre communauté en France. Qui plus est de manière artistique, avec ce beau projet qui est une sorte de Roméo et Juliette à la bohémienne. On en discute avec les autres artistes de la troupe qui sont aussi de la communauté, et on se dit : c’est à nous de représenter le bon côté de la communauté, et de montrer qu’on n’est pas juste des préjugés.
Quelles sont les valeurs de la culture gitane que vous souhaitez transmettre au public à travers le spectacle ?
On retrouve dans le spectacle toutes nos valeurs et nos traditions. Par exemple l’immense respect et l’amour qui unissent les membres d’une famille. Il y a aussi les valeurs de la fête et de la musique, qui sont bien représentées dans le spectacle.
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"Sara a 16 ans, comme moi. Elle a des rêves, comme moi"
Vous y incarnez Sara, une jeune femme qui doit se marier avec Tiago. Mais ce dernier tombe amoureux d’une autre femme, Nadia. Comment avez-vous appréhendé ce personnage ?
Ça a été un petit peu dur, j’avoue. Mais aussi très amusant pour moi, parce que c’était complètement à l’opposé de ce que je fais d’habitude en concert. Là, il a fallu que j’apprenne à jouer et à m’imprégner du personnage. C’était vraiment un boulot acharné, mais on l’a fait ! Jeanne Deschaux, la metteuse en scène, m’a vraiment aidée sur le personnage, tout en me laissant une liberté de pouvoir l’interpréter comme je le voulais. Je me suis donc inspirée de ce que je connaissais dans la communauté, et de qui je suis. Car Sara a 16 ans, comme moi. Elle a des rêves, comme moi. Comme tout le monde, d’ailleurs !
Qu’est-ce qui vous attend pour la suite de 2025 ?
On joue jusqu’au 23 février. Par la suite, on va faire une petite pause. De mon côté, je suis travaille sur mon album, que j’écris et que je compose. Nous avons prévu de tourner dans toute la France aussi, et on est très actifs sur les réseaux sociaux. Donc voilà, nous allons continuer notre musique de notre côté, le temps que Gitans revienne.
Quand vous dites "nous", de qui s’agit-il ?
Désolée, je parle toujours au pluriel (rires). Je dis "nous" car j’ai toujours mes parents avec moi. Ils font partie de mon équipe : mon père est au son, ma mère est en charge des costumes… C’est une histoire de famille !