Ibrahim Maalouf va porter plainte suite à son éviction du jury du Festival de Deauville

Publié le 27 août 2024 à 14:15
Marechal Aurore/ABACA
Aude Hesbert, directrice du Festival du cinéma américain de Deauville, a décidé d'évincer le trompettiste Ibrahim Maalouf du jury de l'événement en raison de sa condamnation puis de sa relaxe en 2020 pour une agression sexuelle. Suite à cette annonce, l'artiste a annoncé porter plainte. 

C’est à La Tribune du dimanche qu’Aude Hesbert, directrice du Festival du cinéma américain de Deauville, s’est expliquée sur sa décision d’écarter le trompettiste Ibrahim Maalouf du jury de l’évènement. Condamné, puis relaxé en 2020, suite à une plainte pour agression sexuelle en 2013 sur une mineure de 14 ans, l’artiste ne fait donc désormais plus partie du jury. Comment en a-t-il été prévenu ? La directrice du Festival a expliqué : "Nous lui avons proposé à plusieurs reprises, d’abord par oral, puis par un courrier écrit, de se retirer. Courrier auquel il n’a pas répondu. Nous n’allons pas le remplacer car le jury est déjà constitué. Ce qui est important pour moi, c’est qu’on parle des films, qu’on mette en lumière les talents invités, et que le cinéma soit à l’honneur".

Pourquoi Aude Hesbert a-t-elle décider d’écarte Ibrahim Maalouf ?

Le célèbre trompettiste franco-libanais était le seul membre du jury choisi par Bruno Barde, lui-même accusé d’agressions sexuelles et écarté de la tête du Festival de Deauville. "Ayant pris connaissance de l’arrêt de la cour d’appel qui le mettait hors de cause dans l’agression sexuelle de cette jeune fille de 14 ans, il n’était pas de mon ressort de remettre en question une décision de justice. Cependant, à l’annonce de la composition du jury le 8 août dernier, il y a eu beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias, un malaise s’est installé dans l’équipe, déjà meurtrie par l’affaire précédente", a expliqué Aude Hesbert.

Et de poursuivre : "Au vu de mes engagements, je ne pouvais pas ignorer ce contexte, avec l’arrivée d’Américains très vigilants sur ces sujets. Ce n’est pas à moi de juger, punir ou condamner, mais la présence d’Ibrahim Maalouf devenait de plus en plus problématique pour la bonne tenue, sereine, d’un festival qui fête son 50e anniversaire""Je ne me sentais pas à l’aise avec cette invitation, j’ai donc pris la décision difficile, que j’assumerai jusqu’au bout, d’écarter Ibrahim Maalouf du jury", a-t-elle conclu.

Le trompettiste contre-attaque 

Fanny Colin, l’avocate de l’artiste, a tenu à réagir auprès de La Tribune du dimanche au sujet de l’éviction d’Ibrahim Maalouf du jury. "Le festival sacrifie un innocent sur l’autel du principe suprême ‘the show must go on’ pour des intérêts mercantiles", a-t-elle d’abord regrettéEt d’ajouter : "Deauville a demandé à Ibrahim Maalouf de se retirer en toute discrétion ce qu’il a évidemment refusé. C’est omettre en effet que relaxé et reconnu publiquement innocent, c’est tout aussi publiquement et devant les tribunaux qu’il combattra cette éviction injuste et déshonorante pour ses auteurs". 

Une plainte va donc être déposée, et invité sur le plateau de Tout le monde veut savoir, sur BFMTV, lundi 26 août, l’artiste lui-même a réagi. Face à Benjamin Duhamel, il a déclaré : "Tout le monde est scandalisé sauf peut-être une petite minorité de personnes à qui ça fait plaisir car je représente un peu l’exemple type du gars qui énerve ceux qui veulent absolument que les hommes soient coupables". Il a précisé que dans sa famille, "il y a des personnes qui ont, elles-mêmes, été victimes de violences sexuelles". Et d’assurer : "Je suis un féministe. Je me considère du côté des personnes qui combattent ces agressions, mais visiblement il y a des gens qui veulent absolument que je sois quand même coupable". Il a terminé en dénonçant la décision d’Aude Hesberts qu’il a qualifiée d’"énorme bêtise" et "énorme bourde"

Par
Kahina Boudjidj