Le Disque bleu a mis deux ans à voir le jour et a été conçu entre Paris, Bruxelles, Sète, Rio etBuenos Aires. Pourquoi l’avoir nommé ainsi ?
Benjamin Biolay Parce que le bleu évoque le ciel, la mer, et c’est aussi ma couleur préférée. Dans le Sud, à Sète, ma maison est bleue, comme dans la chanson de Maxime Le Forestier. Et puis, c’est « notre » couleur, celle de l’Équipe de France, et elle est aussi très présente dans le street art latino-américain. Le bleu fait voir la vie plus positivement.
Pourquoi avoir choisi de faire un double album ?
Quand j’ai eu écrit trois, quatre chansons, il m’a paru compliqué de les faire cohabiter sur un même disque, car je disais des choses différentes. Pour utiliser une image cinématographique, j’aurais été dans un faux raccord total. Et puis, je ne suis pas sûr que l’on ait encore longtemps l’opportunité de sortir des disques, alors autant en profiter pour faire un double ! (Rires)
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On retrouve d’ailleurs deux poètes sur cet album : Aragon et Brassens…
Oui, en feuilletant un recueil d’Aragon, je suis tombé par hasard sur le poème Oh la guitare. Pour la première fois, un texte m’a inspiré une mélodie, alors qu’habituellement, c’est l’inverse. Quant à Brassens, j’ai voulu reprendre le titre Les Passantes, mis en musique par Georges, mais dont le texte est du poète Antoine Pol. La mélodie est merveilleuse. On pense souvent à Brassens en son unique talent d’auteur, et on oublie ses immenses qualités de compositeur.
Vous entretenez un lien particulier avec lui…
Il est tout le temps avec moi. Ayant toujours eu de la famille à Sète, et y vivant désormais une partie de l’année, je le vois comme une sorte d’oncle. Dernièrement, je me suis rendu dans sa maison natale, où vit maintenant un de ses cousins, que je connais bien. Depuis cette maison, on voit la terrasse de ma tante, et je n’ai pas pu m’empêcher d’imaginer qu’il m’y avait peut-être vu jouer, petit. Idem à Paris : j’ai réalisé que je n’habitais qu’à une centaine de mètres de l’impasse Florimont, où il a vécu. Il y a une sorte d’attraction indéniable. Plus je côtoie ses proches, plus je m’aperçois que j’aurais adoré ce type, à la personnalité si incroyable.
L’interview de Benjamin Biolay est à lire en intégralité dans le nouveau magazine Télé 7 Jours. Disponible dans les kiosques dès ce lundi 13 octobre.