Benjamin Biolay, à l’origine (France 5) : « J’ai décidé de faire ce que je voulais, quel qu’en soit le prix »

Publié le 29 septembre 2023 à 9:10
MATHIEU CESAR/UNIVERSAL MUSIC
À l’occasion de la sortie de son album live symphonique, enregistré en février avec l’Orchestre national de Lyon, Benjamin Biolay fait l’objet d’un film retraçant son parcours. Passionnant.

UNE ENFANCE STRICTE 

« J’ai reçu une éducation sévère et peu permissive, avec cette litanie qui dit que l’on ne peut pas avoir le genre de rêves que j’ai, dans la famille d’où je viens », déclare Benjamin Biolay, que l’on suit dans la rue de son enfance, à Villefranchesur-Saône. Celui qui a fêté ses 50 ans le 20 janvier dernier se souvient d’avoir grandi dans un milieu dur, dénué de « mots tendres ». Sa maman, née Opinel (petite-fille du fondateur de la célèbre marque de coutellerie, dont le logo, une main couronnée, est tatoué sur l’un des doigts du chanteur), a grandi dans une fratrie de quatorze enfants : « C’était un milieu dur, ouvrier, où il n’y avait pas beaucoup de sous, et beaucoup d’enfants à élever », explique-t-il. « Ultra mélomanes », les parents de Benjamin l’initieront au violon tout petit : « Ça me faisait chier, mais on ne pouvait pas se rebeller. » Son fort besoin d’ouverture et d’évasion était né.

LYON ET SON CONSERVATOIRE 

« J’ai décidé de faire ce que je voulais, quel qu’en soit le prix. » En 1988, Benjamin a 15 ans et quitte la maison. Il poursuit sa scolarité au Conservatoire de Lyon, dont il sortira Premier Prix de trombone. Il y fait la rencontre d’Elsa Benabdallah, aujourd’hui violoniste et amie fidèle, et est accueilli dans sa famille comme un membre à part entière. « Un jour, la mère d’Elsa m’a ramené une guitare de la salle des ventes. C’est une femme incroyable. Elle est aussi la seule adulte à m’avoir dit : “Tu vas y arriver !” » Elsa dit de lui : « Adolescent, déjà, il avait cette oreille différente, cette perception de la musique bien à lui. Dès qu’il touche un instrument, il le maîtrise très rapidement. »

UN MENTOR NOMMÉ MOUNIER 

« Je ne foutais pas grand-chose à l’école, mais je commençais déjà à écrire des trucs […] Et quand j’ai compris que je voulais en faire mon métier, j’ai passé des nuits entières à composer », confie Biolay, qui, à 20 ans, rencontre Hubert Mounier, du groupe L’Affaire Louis Trio, et commence à réaliser, à ses côtés, des arrangements, des choeurs et à travailler sur des chansons. « Hubert est son mentor, son Pygmalion », confie Thierry Planelle, directeur artistique du chanteur, qui collabore avec lui depuis 2001 et l’album Rose Kennedy.

SES DÉBUTS… DISCRETS 

En 2000, Benjamin Biolay a 27 ans et écrit pour les autres, dont un certain Henri Salvador, pour qui il compose, avec Keren Ann, le titre Jardin d’hiver. Fort de ce succès, devenu un standard, Biolay se fait un nom et une réputation : « Il est auteur, compositeur, orchestrateur, arrangeur, producteur… Aucun autre artiste ne cumule autant de fonctions », confie Thierry Planelle. De 2001, date de sortie de son premier album, Rose Kennedy, à Saint-Clair, le dixième opus, sorti en 2022, Biolay n’a cessé de travailler pour lui et pour ses confrères. « Il faut être généreux pour écrire pour les autres », dit Bernard Lavilliers. Ce qui est bien, c’est que Biolay ne manque ni de talent ni de générosité. 

Benjamin Biolay, à l’origine, vendredi 29 septembre à 22h40 Sur France 5

Par
Adeline Quittot