Kyo dévoile Ultraviolent, son nouvel album : « Ce groupe, c’est une histoire de potes »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:25
Christophe AUBERT / TELE 7 JOURS / SCOOP
À l’occasion de la sortie du nouvel album de Kyo, Ultraviolent, son chanteur revient sur près de 30 ans de carrière d’un groupe ultra populaire.

Que dit ce titre d’album, Ultraviolent ? Qu’évoque-t-il pour vous ?

C’est l’histoire d’un paradoxe. L’être humain est fasciné par la violence et, en même temps, il recherche la sécurité. Ce contraste m’intéresse beaucoup. L’album parle de ce paradoxe, mais aussi de notre époque : on est sans cesse bombardés d’informations, de mauvaises nouvelles, de conflits… C’est oppressant. La pochette de l’album illustre bien cela : un tableau très coloré et fleuri, symbole de la beauté du monde, barré d’un carré noir avec le titre Ultraviolent. C’est la coexistence entre la lumière et l’ombre, la beauté et la brutalité.

Votre musique évolue album après album. Les thèmes abordés, eux, restent souvent les mêmes, mais avec une maturité différente à chaque fois comme sur Ultraviolent…

Je suis à 100 % d’accord. Effectivement, la production évolue, mais dans l’ADN, cela reste un album de Kyo. Au niveau des textes et des thèmes abordés, c’est le regard qui change, sous l’impulsion de l’âge et de l’expérience. J’ai toujours beaucoup aimé ce que m’a dit un jour Flo, l’un de mes deux guitaristes : « Moi, quand je lis tes textes, j’ai l’impression que tu parles de personnages que je connais depuis très longtemps, comme des vieux amis, et que je vois évoluer à chaque album. J’ai l’impression qu’ils vivent de nouvelles expériences, comme nous. » Quand j’écoute Ultraviolent, j’entends un album de Kyo, même si on a essayé de s’aventurer, de tester, d’avoir des accidents heureux. 

Benoît Poher : "Kyo, c’est une histoire de potes"

Il y a 22 ans sortait votre premier titre Le Chemin, qui a immédiatement rencontré un succès fulgurant. Comment est né le groupe ?

Moi, j’ai rejoint l’aventure en dernier. Les autres membres du groupe, Florian, Fabien et Nico, se connaissaient depuis la maternelle, car ils étaient dans une école privée à Verneuil-sur-Seine. Un jour, mes parents m’ont dit : « Pour ton avenir, on va te mettre dans le privé à Verneuil-sur-Seine. » J’étais complètement déprimé à l’idée de quitter mes amis, j’étais terrorisé. Finalement, je ne remercierai jamais assez mes parents, car c’est là-bas que j’ai rencontré mes camarades et que le groupe est né. Kyo, c’est vraiment une histoire de potes.

On se « supporte » encore après tant d’années passées en studio et sur les routes ?

Beaucoup de groupes se séparent à cause de divergences de personnalités, mais nous, on n’a jamais eu ce problème. On passe beaucoup de temps ensemble, même en dehors de la musique. On se considère comme des frères. Le fait de beaucoup rire ensemble nous soude : ça aide à traverser les journées de tournée, parfois longues et fatigantes.

Qu’est-ce qui vous donne envie de retourner en studio à chaque fois ?

C’est une bonne question, parce que le studio, ce n’est pas ce que je préfère. Je trouve cela fastidieux. Mes deux grandes passions, ce sont l’écriture et la scène. Le moment où j’écris les textes, où je compose, me procure une vraie excitation. Et puis il y a la scène : c’est le partage, l’exutoire. Le studio, c’est long, minutieux… Mes camarades peuvent passer des heures à régler le son d’une caisse claire, c’est fou ! Mais la passion reste intacte. On aime la musique, l’écrire, l’écouter, découvrir ce qui se fait ailleurs. Chaque vendredi, je passe la journée à écouter les nouveaux albums. J’accompagne mon fils à des concerts, même de rap. La nouvelle génération a énormément de talent. Quand on a une carrière qui commence à être longue comme la nôtre, on a toujours l’angoisse de ne plus être pertinent. Cette curiosité est essentielle pour rester connecté à son époque.

Kyo à la Défense Arena en 2027 : "J’aimerais que ce soit un vrai voyage"

Comment expliquez-vous cette longévité dans un paysage musical qui change si vite ?

C’est une question qu’on se pose souvent. On est fiers d’être encore là, surtout quand on pense à tous les artistes qu’on a croisés à nos débuts et dont on n’entend plus parler. Je pense que notre longévité vient de notre exigence : on ne sort jamais un album tant qu’on n’est pas pleinement satisfaits. On prend notre travail très au sérieux, même si, dans la vie, on est des déconneurs. On veut toujours faire mieux, aller plus loin, être fiers de ce qu’on présente à ceux qui nous suivent. Je crois aussi que le secret, c’est la persévérance. Un ami musicien m’a dit un jour : « Ceux qui gagnent, ce sont ceux qui ne lâchent jamais. » Et c’est vrai. Même quand c’est difficile, on s’accroche. On a connu des périodes plus calmes, mais on n’a jamais songé à abandonner.

Après une tournée anniversaire ayant réuni plus de 500 000 spectateurs, vous avez annoncé une date de concert exceptionnelle à la Paris Défense Arena le 13 mars 2027…

C’est un projet sur lequel je travaille déjà beaucoup, même si c’est encore loin. J’aimerais que ce soit un vrai voyage, quelque chose d’immersif et de fort pour les gens. Beaucoup de nos fans nous suivent depuis longtemps, viennent nous voir plusieurs fois en concert. Il faut donc leur proposer une expérience nouvelle, différente, plus intense. C’est très important pour nous.

Kyo, Ultraviolent (RCA), Album disponible

Kyo en chiffres :

  • 2,5 millions de disques physiques vendus
  • 970 millions de streams cumulés (audio + vidéo) dans le monde
  • 3 Victoires de la Musique (2004)
  • 4 NRJ Music Awards (2004)
  • 1 MTV Music Award (Groupe français de l’année 2003)

Par
Amandine Scherer