Une belle course (TF1) – Line Renaud : « Je considère Dany Boon comme un fils »

Publié le 3 août 2025 à 9:22
Jean Claude LOTHER/Pathé
On connaît tous l’amour filial qui unit Dany Boon et Line Renaud. Christian Carion le célèbre ici, dans un joli mélo en forme de road movie. 

"Je crois que c’est le plus beau rôle qu’on m’ait offert. C’est aussi celui qui me ressemble le plus. Vous savez, j’ai 94 ans cette année, comme Madeleine, mais ce n’est pas notre seul point commun. Je suis aussi passée par des choses de la vie qui ont été fortes, parfois rudes. Madeleine, c’est ma mère, ma grand-mère et même mon arrière-grand-mère. Elles m’ont élevée et je les retrouve dans l’histoire tourmentée de ce personnage. Ma grand-mère et sa mère ont été des femmes battues elles aussi, mais elles restaient fortes. Ce sont les récits de leurs existences qui m’ont donné la force de vivre ma vie et de mener mes combats", confie Line Renaud, qui considère Une belle course comme son « film testament ». 

Line Renaud : "Dany, je le considère comme un fils"

À l’écran, et c’est la réussite de ce pur mélo, Line et Madeleine se confondent à l’envi. Ce soir, la pétillante nonagénaire dormira à l’Ehpad, loin de sa maison, emportant avec elle ses souvenirs, qu’elle partage avec Charles, le chauffeur de taxi qui la conduit. Il est mal embouché, étouffé par les galères du quotidien. La gentillesse incarnée, la passagère le taquine et l’amadoue en évoquant ses souvenirs, les bons, comme les mauvais. Bientôt, exauçant le souhait de la vieille dame, ils improvisent un pèlerinage buissonnier dans Paris. Dany Boon incarne ce taxi driver à fleur de peau, ce qui, connaissant le lien d’amour qui unit les deux artistes depuis des années, décuple l’impact émotionnel de ce huis clos dans la veine de Miss Daisy et son chauffeur. « Dany, je le considère comme un fils. Parfois, c’est sa propre mère, Danièle, qui m’appelle pour avoir de ses nouvelles. On est inquiètes toutes les deux pour notre petit ! » Le rejeton, qui assistait gamin aux spectacles que Line Renaud offrait aux habitants d’Armentières, leur ville natale dans le Nord, sait sa chance : « Line, c’est la passion de la vie, la passion des autres, la passion de son métier. L’accompagner sur ce film, c’est un beau cadeau de la vie. » 

UNE LEÇON D’HUMANITÉ 

Une belle course est leur quatrième tournage ensemble : Line a joué dans trois de ses réalisations : La Maison du bonheur, Bienvenue chez les Ch’tis et La Ch’tite Famille, mais il y a cette fois un supplément d’âme. Jamais feinte, l’émotion nous gagne, même si les flash-back sont inégaux, malgré le talent d’Alice Isaaz, l’interprète de l’héroïne dans ses jeunes années. « Charles est une sorte de miroir dans lequel défile toute la vie de Madeleine », selon Dany. Et de préciser : « Mais c’est en fait Madeleine qui va l’aider à retrouver sa tendresse, le sens des priorités, de la vie et des belles choses. C’est tout ce que j’aime au cinéma, qu’un film vous donne une leçon d’humanité. » 

Devant la caméra de Christian Carion, Ch’ti lui aussi, le duo, tellement complice, en oubliait parfois de jouer. Line déclare : « Quand je vois le film, je retrouve le Dany de Joyeux Noël, celui que l’on connaît moins bien au cinéma : fragile, sentimental et émouvant comme il est dans la vie… » Carion, qui en est l’auteur, est le premier à avoir offert cette palette sensible à l’humoriste, qu’il compare volontiers à Bourvil, capable de nous faire rire ou pleurer, avec tendresse. Une belle référence.   

Une belle course, dimanche 3 août à 21h10 sur TF1

Par
Julien Barcilon