Robin des Bois, prince des voleurs (TF1) – Quel acteur a été envisagé en premier pour tenir le rôle de Kevin Costner ?

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:24
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Sorti en 1991, ce film de Kevin Reynolds tourne autour de Kevin Costner, juste avant qu’il ne devienne une superstar avec Bodyguard. Le réalisateur imagine un justicier un peu différent de ce que l’on avait l’habitude de voir à l’écran.

Si l’on aperçoit bien, de loin, un bout des fesses charnues de Kevin Costner s’ébattant nu sous une cascade dans Robin des Bois, prince des voleurs, sachez qu’il ne s’agit pas réellement de celles de celui dont la cote à Hollywood était au summum, après avoir tourné Danse avec les loups et Les Incorruptibles. Non. Même filmées à plus de cinquante mètres de distance, pudeur oblige, il s’agit de celles de sa doublure ! 

Mais le film de Kevin Reynolds, sorti en 1991, est loin de se résumer à cela. Avec son budget dépassant les 60 millions de dollars et l’apparition, à la toute fin, de Sean Connery dans le rôle de Richard Coeur de Lion (250 000 dollars pour une journée de tournage), il s’agit d’une grosse production et d’une relecture, sinon osée, disons originale, de Robin des Bois. Le scénariste britannique Pen Densham a un jour l’idée de modifier l’histoire du justicier en collants de la forêt de Sherwood telle qu’on la connaît via les films, notamment celui avec Errol Flynn, en 1938, et le dessin animé Disney de 1973, pour faire de Robin de Locksley le fils d’un noble, plutôt sale gosse, pourri gâté, qui se découvre, à son retour des Croisades – après avoir passé cinq ans dans les geôles des Maures –, une conscience sociale et devient un rebelle. Sans collants, les cheveux longs, le ton mordant, quasi ironique, maniant l’épée et sachant, bien sûr, décocher des flèches comme personne. Mais cette dernière facette, ou plutôt ce talent particulier, est presque mis de côté dans le scénario : en effet, pas la moindre trace d’un tournoi d’archers. En revanche, des combats à la pelle.

MEL GIBSON D’ABORD ENVISAGÉ POUR LE RÔLE 

Pour incarner ce Robin des Bois décalé, Mel Gibson est sollicité en premier. Mais le comédien, entre deux Arme fatale (le 2 et le 3), décline en découvrant le scénario qu’il imaginait plus dans l’esprit d’Errol Flynn, dont il est fan. Kevin Reynolds sollicite alors un autre Kevin, Costner, qu’il avait fait débuter dans la comédie Une bringue d’enfer, en 1985. Le comédien avait déjà été approché par deux fois, mais avait décliné. Quand il apprend que Kevin Reynolds est aux commandes, Costner accepte sans même avoir lu les dernières évolutions du scénario : « Je trouvais que Kevin était tellement bon cinéaste que j’aurais dit oui de toutes les façons. » 

Ultra-sollicité entre la sortie et le succès de Danse avec les Loups et le tournage d’un autre gros projet, J FK, Kevin a peu de temps pour se préparer au rôle. Il avait imaginé prendre un accent anglais. Il n’a pas le loisir de le peaufiner, et abandonne l’idée. D’où un Robin des Bois s’exprimant en anglais comme un Californien d’aujourd’hui, plutôt qu’un noble du Moyen Âge. Dans la version française, Bernard Lanneau, qui le double, lui donne beaucoup de second degré, tout en gardant une touche d’arrogance. Le film est en partie tourné au Royaume-Uni et en France, à Carcassonne, dont les remparts deviennent ceux de Nottingham. À sa sortie, le film vole de record en record. Il engrange pas loin de 400 millions de dollars de recettes mondiales, se classant parmi les films les plus rentables, derrière  Terminator 2

Par
Frédérick Rapilly