Le Chemin de la liberté (Arte) – L’incroyable histoire vraie de 3 petites filles aborigènes enlevées par les autorités australiennes

Publié le 9 août 2024 à 14:10
JABAL FILMS
Signée du réalisateur australien Phillip Noyce, l’histoire de trois filles métisses aborigènes, enlevées par les autorités et qui ont parcouru 2 400 km dans le bush pour rentrer chez elles.

“J’ai reçu un coup de fil à 3 heures du matin d’une femme qui jacassait à propos d’un scénario, raconte le réalisateur Phillip Noyce. J’ai cru qu’elle était folle. Elle n’avait pas la moindre idée du décalage horaire entre Sydney et Los Angeles. C’était Christine Olsen et elle voulait que je lise le script d’un projet de film, Le Chemin de la liberté. Le lendemain, j’ai appelé mon bureau en leur disant : “Je suis harcelé par une Australienne complètement dingo. Si elle téléphone, débarrassez-vous d’elle.” Mais Christine a su entrer dans les bonnes grâces de mon équipe, qui a lu son scénario et a voulu ensuite que je le lise."

L’histoire vraie, derrière le film de Phillip Noyce

L’histoire ? Celle de trois gamines aborigènes et métisses, capturées par les autorités australiennes dans le bush, au début des années 30, sous les yeux de leurs mères, puis envoyées dans une sorte de pensionnat sur la côte Est, près de Perth, pour en faire de parfaites jeunes femmes destinées à devenir servantes dans des familles blanches. Mais Molly, Daisy et Gracie s’enfuient et parcourent à travers le bush, puis le désert, l’équivalent de 2 400 kilomètres à pied pour rejoindre Jigalong, l’endroit où elles sont nées. Et ce, traquées par la police et un pisteur aborigène. Un récit qui a failli être oublié jusqu’à ce que la fille de Molly, l’écrivaine Doris Pilkington Garimara, se décide à l’écrire. Le livre paraît en 1996 sous le titre Follow the Rabbit-Proof Fence. La scénariste Christine Olsen en entend alors parler et se dit qu’il y a là matière pour un long-métrage. Elle s’accroche et finit par obtenir les droits d’adaptation. « Je suis partie à Jigalong et j’ai passé du temps avec Molly et Daisy. Je ne serais sans doute pas allée au bout du script sans l’aide de ces deux femmes extraordinaires. » 

Un coup de coeur 

Molly et Daisy apparaissent d’ailleurs à la fin du film, en épilogue. Phillip Noyce, cinéaste connu et respecté pour des blockbusters comme Jeux de guerre, Sliver ou Bone Collector, travaille à l’époque sur un nouveau projet. "J’étais sur le point de tourner La Somme de toutes les peurs, un film à 90 millions de dollars de budget, avec Harrison Ford. Mais j’ai craqué. En lisant le script du Chemin de la liberté, j’ai réalisé que ce n’était pas que l’histoire de trois gamines aborigènes en 1931. Il s’agissait aussi de moi… Je comprenais que j’étais en train de devenir taré à Hollywood. Je devais rentrer en Australie, chez moi, et tourner cette histoire en y mettant tout mon coeur" 

Réalisé en Australie méridionale, notamment au sud d’Adélaïde, Le Chemin de la liberté montre des paysages d’une beauté à couper le souffle. « Le plus compliqué aura été de trouver nos trois stars, raconte Phillip. Je voulais trois enfants avec des personnalités distinctes : la rebelle, la clown et la rêveuse. Environ 2 000 enfants ont été castés. J’en ai vu personnellement 800. Les trois que nous avons trouvées, Everlyn Sampi, Tianna Sansbury et Laura Monaghan, étaient tout simplement parfaites. » 

Le Chemin de la liberté, vendredi 9 août à 20h55 sur Arte

Par
Frédérick Rapilly