Les Enchaînés (Arte) – Comment Alfred Hitchcock a déjoué la censure Hollywoodienne

Publié le 5 août 2024 à 12:27
RKO RADIO PICTURES
Arte propose ce soir Les Enchaînés, un thriller signé Hitchcock avec Ingrid Bergman et Cary Grant.

Pour racheter la faute de son père, espion à la solde des Allemands, une jeune femme rallie les services secrets américains. Aidée d’un pro très épris, elle infiltre un réseau nazi qui, installé à Rio, poursuit de sombres desseins…

En 1946, Alicia Huberman (Ingrid Bergman), fille d’un ancien traître condamné aux États-Unis, est approchée par les services secrets américains. Ils lui demandent d’espionner un groupe de nazis exilés à Rio de Janeiro, au Brésil, dont fait partie un ami de son père, qui a un faible pour elle. Alicia a un coup de foudre pour l’agent Devlin (Cary Grant) et accepte cette mission à haut risque. Mais jusqu’où ira-t-elle pour la mener à bien ? Ainsi débute ce thriller que Hitchcock met en scène dans des décors intérieurs, pour accentuer le sentiment de piège qui se referme sur Alicia.

L’idée de génie d’Alfred Hitchcock

Fasciné par Ingrid Bergman, déjà star de son grand succès de l’année précédente, La Maison du Docteur Edwardes, Hitchcock en fait sa principale partenaire créative, au point que son épouse et collaboratrice, Alma Reville, ulcérée, doit le recadrer. Malgré cela, le tournage se passe bien, et Hitch, toujours inventif, contourne le code de censure Hays, qui limite la durée d’un baiser à trois secondes : il improvise une scène pendant laquelle Cary Grant et Ingrid Bergman parlent du poulet au menu de leur dîner, tout en se bécotant !

Par ailleurs, une simple clé joue un rôle capital dans l’intrigue. Cary Grant l’a gardée après le tournage et l’a donnée à Ingrid Bergman dix ans plus tard, en tant que porte-bonheur. L’actrice l’a finalement remise à Hitchcock en 1979, lorsqu’il a été honoré par l’American Film Institute, en l’appelant « un adorable génie », sans que sa fidèle Alma n’en prenne ombrage ! 

Les Enchaînés, lundi 5 août à 20h55 sur Arte

Par
Pascal Pinteau