Benjamin Lavernhe revient avec dépit sur son rôle de l’abbé Pierre : « On se sent bête… » (VIDÉO)

Publié le 8 avril 2025 à 9:22
Benjamin Lavernhe est revenu avec sidération sur son rôle de l'abbé Pierre dans le film Une vie de combats sorti en 2023. L'acteur a toujours du mal à digérer les accusations d'agressions sexuelles qui visent le religieux.

En juillet 2024, Emmaüs a publié un rapport accablant concernant l’abbé Pierre, qui a fondé l’association en 1985. Une vingtaine de femmes, dont certaines mineures à l’époque des faits, ont accusé l’homme décédé en 2007 de violences sexuelles, parfois même de viol. Par conséquent, l’image du religieux fut totalement remise en cause, lui qui a été élevé au rang d’exemple durant toute sa carrière et même après sa mort.

L’abbé Pierre accusé d’abus sexuels par plus de 20 femmes

Cette affaire a éclaté au grand jour un an après la sortie du film L’abbé Pierre : une vie de combats, réalise par Frédéric Tellier. L’équipe du film n’avait jamais eu le moindre écho concernant cette part d’ombre de la vie de l’abbé Pierre, la poussant à réagir à travers un communiqué à l’époque : "Ces crimes, qui éclairent d’un jour totalement nouveau le destin de l’abbé Pierre, nous étaient évidemment inconnus au moment où nous avons réalisé ce film, comme ils étaient inconnus des Français. Nous condamnons ces crimes et tenons à témoigner avec force notre soutien total aux nombreuses victimes de l’abbé Pierre."

Pour incarner l’abbé Pierre, Frédéric Tellier avait fait appel à  Benjamin Lavernhe, qui, avant les révélations d’abus sexuel, déclarait être "tombé amoureux" du religieux, le qualifiant de "révolutionnaire" et d’"homme en marche qui mène des foules". Désormais, le discours du comédien nommé pour le César du meilleur acteur grâce à ce rôle a bien changé, lui qui a toujours du mal à digérer cette affaire. Invité de France Inter ce mardi 8 avril, le natif de Poitiers a fait part de sa consternation : "Le ciel vous tombe sur la tête", confie-t-il.

Benjamin Lavernhe dépité par l’affaire l’abbé Pierre

"Je pense aussi très fort au réalisateur qui a bossé pendant cinq ans. Personne ne lui a mis la main sur l’épaule en lui disant ‘c’est peut-être pas le bon sujet, il y a des gens qui savent des choses’", poursuit Benjamin Lavernhe. "On se sent bête, on a l’impression qu’on est passé totalement à côté d’une part de ce personnage, de sa part d’ombre. Quoi que le film n’était pas une hagiographie, il montrait aussi les défauts, l’autorité, l’égoïsme de ce personnage. On est tombés de notre chaise et on était dégoûtés, trahis. Ce film va être le témoignage d’une époque, d’un point de vue qu’on a eu sur cet homme, d’une facette de lui qui est vraie, de tout le bien qu’il a fait aussi", mais "il paraît bien naïf, et ça je trouve ça violent. Il y a toute une génération qui ne va pas vouloir le voir et ça, c’est triste. L’exemple qui l’était n’est plus."

Par
Benoît Lesueur