La légende Brigitte Bardot est décédée à 91 ans, comme l’a annoncé sa fondation dans un communiqué transmis à l’AFP.
Brigitte Bardot : Une femme aux multiples rôles et facettes
Avant de s’engager activement pour la cause animale et de prendre certaines positions controversées, BB a été la muse de nombreux cinéastes et a participé à une quarantaine de films aux univers très divers. Elle a incarné des rôles divers : femme révolutionnaire dans Viva Maria !, jeune fille naïve mais déterminée dans Les Pétroleuses (1971), femme en quête d’émancipation dans La Vérité, ou encore femme libre et séductrice dans Et Dieu… Créa la femme (1956). À chaque fois, Bardot s’est imposée comme une figure incontournable de son époque. C’est dans ce dernier film, réalisé par Roger Vadim en 1956, que sa carrière décolle. Elle y incarne Juliette Hardy, une jeune femme provocante et insoumise, défiant les conventions sociales. Vadim l’avait repérée sur une couverture du magazine Elle et, frappé par son apparence, lui propose le rôle. Âgée d’une vingtaine d’années, elle fait ses premiers pas devant la caméra et commence ses essais avec le réalisateur, qui deviendra par la suite son mari.
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Une scène décisive dans la filmographie de BB
Ce rôle arrive à point nommé pour Bardot, après une enfance stricte et sévère, et lui permet de donner libre cours à son désir de liberté. Le tournage à Saint-Tropez, décor sulfureux du film, marque les esprits, notamment avec la célèbre scène du mambo, dans laquelle elle danse de manière sensuelle et provocante. Cette scène choque la critique et les mœurs très puritaines de l’époque.
En osant revendiquer sa liberté par son corps, Brigitte Bardot brise les carcans patriarcaux de son temps et s’impose comme une figure emblématique de l’émancipation féminine, capable de marquer l’histoire du cinéma et de la société. "Brigitte Bardot n’est pas Simone de Beauvoir, mais avec son personnage libre, et libre de son corps, elle a parlé aux femmes de cette époque. B.B. a été l’un des signes forts dans une période d’ascétisme, avec la volonté de faire bouger les choses", expliquait Françoise Picq, historienne du féminisme, au moment de l’anniversaire du film en 2016. Bardot a pour sa part dévoilé sur cette scène marquante : "Le mambo que je danse a été totalement improvisé. J’ai laissé libre cours à mon instinct. J’ai dansé comme j’en avais envie, envoûtée par la musique, c’est tout ! Ça vous épate hein ? Je n’ai jamais eu l’esprit tarabiscoté, et j’ai adoré ce rôle écrit sur mesure pour moi, point barre !" avait-elle exprimé avec force lors des 60 ans de l’oeuvre cinématographique. Le film a rencontré un grand succès en France avec plus de 4 millions d’entrées, et environ 8 millions aux États-Unis. Le mythe Bardot était alors né !
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Bardot, féminité sans féminisme
Mais si Brigitte Bardot a pu incarner, à une époque, un symbole d’émancipation féminine, force est de constater qu’elle s’est toujours clairement opposée au féminisme. "Ce n’est pas mon truc", déclarait-elle encore à BFMTV lors de sa dernière interview, tout en défendant Nicolas Bedos et Gérard Depardieu lors de cet échange. Elle avait aussi pris position en faveur de Roman Polanski après l’obtention de son César du meilleur réalisateur pour J’accuse en lui écrivant un mot de soutien sur X.
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Roman Polanski pic.twitter.com/1ZD8nWxj4k
— Brigitte Bardot (@brigitte_bardot) February 27, 2020