« Il était une fois, dans un grand bois, un pauvre bûcheron et une pauvre bûcheronne… Un jour, pauvre bûcheronne recueille un bébé. Un bébé jeté de l’un de ces trains qui traversent sans cesse leur bois. Protéger quoi qu’il en coûte ce bébé, cette petite marchandise, va bouleverser la vie de cette femme, de son mari… » Du conte écrit par le romancier Jean-Claude Grumberg, Michel Hazanavicius tire un film d’animation particulièrement bouleversant. Un hymne à l’amour lumineux (la voix du narrateur est celle du regretté Jean-Louis Trintignant) pour évoquer les ténèbres les plus sombres de l’Histoire, l’extermination industrielle des Juifs par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale.
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« Mon film n’a pas pour ambition de raconter la Shoah, précise l’auteur des deux premiers OSS 117, mais il a besoin de l’évoquer à hauteur d’enfants. C’est pourquoi l’animation était, à mes yeux, la plus adaptée. Le filtre du dessin permet une mise à distance, il offre la délicatesse et le tact nécessaires. L’animation est un peu au cinéma ce que le conte est à la littérature. » En plus de transmettre cette mémoire douloureuse aux jeunes générations, le réalisateur (papa de deux ados, nés de son union avec l’actrice Bérénice Bejo), souhaitait aussi rendre hommage à l’héroïsme des Justes, dont les derniers survivants s’éteignent.
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« Ils ont sauvé l’honneur de l’Humanité. C’étaient des gens normaux, pas des guerriers ni des personnes particulièrement éduquées. Ils n’avaient pas de pouvoir financier, ils ont juste fait le bon choix : celui de la vie. Ils avaient une boussole morale. C’est de l’héroïsme à portée de tous. Mettre cette figure héroïque devant des yeux d’enfants, mais pas seulement, c’est une manière de dire qu’il ne tient qu’à nous de faire ce choix-là. » Hier comme aujourd’hui.
La Plus Précieuse des marchandises, mardi 27 mai à 21h10 sur Canal+