Ce Papy… est né en 1981, sur la scène du Splendid Saint-Martin, à Paris, après Le Père Noël est une ordure (1979). Et a rencontré un succès phénoménal. Le film n’est pas tout à fait l’adaptation de la pièce : "Au départ, Martin Lamotte et moi avions écrit un scénario pour un vrai film d’aventures, raconte Christian Clavier. Mais c’était cher. En attendant de trouver un producteur, nous avons monté la pièce à partir du script. "
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L’homme providentiel se nomme Christian Fechner. À son actif, le lancement au cinéma des Charlots et de Coluche. L’histoire lui plaît. C’est celle des Bourdelle, une célèbre famille de musiciens, résistant aux Allemands dans leur hôtel particulier du Paris occupé. "Au théâtre, on faisait imaginer l’action au public. Au cinéma, nous avons pu enfin la montrer", souligne Clavier. L’action, c’est d’abord Guy-Hubert Bourdelle (Martin Lamotte), cousin d’Arsène Lupin. Le jour, c’est un garçon coiffeur couvé par sa mère. La nuit, il enfle sa cape, son masque et son haut-de-forme, et devient Super-Résistant, qui vole de toit en toit et fait tourner en bourrique l’armée allemande.
La Maillan, grandiose !
Lamotte, Clavier et le réalisateur Jean-Marie Poiré ont retravaillé le scénario original avec une idée précise : faire de chaque rôle un morceau de bravoure. Ça tombe bien, Fechner veut mêler à l’écran les nouveaux talents du café-théâtre (Josiane Balasko, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Dominique Lavanant…) aux vedettes du théâtre de boulevard que sont Jacqueline Maillan, Michel Galabru et Jean Carmet. Tous livrent des numéros d’acteurs mémorables. En tête, la Maillan, magistrale Héléna Bourdelle, cantatrice très à cheval sur le savoir-vivre, et Jacques Villeret, génial en maréchal von Apfelstrudel, le demi-frère d’Hitler, qui chante du Julio Iglesias avec l’accent bavarois. Il fait même oublier que le rôle devait être, au départ, tenu par Louis de Funès, décédé quelques mois avant le tournage. Grands admirateurs de « Fufu », qui était venu applaudir la pièce, les auteurs lui ont dédié le film.
1 500 costumes
Un budget de 31 millions de francs, un an et demi de préparation, un tournage plus long que prévu, vingt rôles principaux, neuf cents figurants, mille cinq cents costumes, deux voitures de collection, dont l’authentique voiture blindée d’Hitler, louée 35 000 francs par jour, des chars, des motos, des camions, deux panthères… Fechner se lance dans les grandes manœuvres et exige que tout soit authentique !
Le décorateur Willy Holt a dû repaver quelques rues de Paris pour faire plus vrai. Poiré, Lamotte et Clavier ont lu des piles de journaux de guerre et visionné tout ce que la Cinémathèque comptait de films sur l’Occupation, du Père tranquille à L’Armée des ombres, en passant par La Traversée de Paris. Résultat : ce fleuron de l’esprit Splendid est truffé de clins d’œil aux films de guerre, de répliques tordantes, qui n’ont rien à envier au Père Noël. S’il ne faut en citer qu’une : « Comment dois-je vous appeler : Super ou Résistant ? Appelez-moi Super, pas de chichis ! »
Papy fait de la Résistance, est diffusé dimanche 21 avril à 21h10 sur France 2.
Isabelle Magnier