Les Têtes givrées (Canal+) – Clovis Cornillac : « Ce film donne de l’espoir et montre que l’on peut agir à son humble niveau »

Publié le 20 janvier 2024 à 13:22
© 2022 Bonne Pioche Cinéma / TF1 Studio / UGC / France 3 Cinéma
ARCHIVE. Avec Les Têtes givrées, Clovis Cornillac séduit dans la peau d’un prof charismatique. Nous avions rencontré le comédien lors de la sortie du film en salles.

Il y a beaucoup de bonnes vibrations dans cette comédie engagée qui fait l’éloge du collectif : vous ne pouviez pas refuser ! 

Clovis Cornillac : On peut toujours ! Là, tout me convenait : j’ai beaucoup aimé le scénario, il est pertinent et il aborde des thématiques qui m’intéressent, mais c’est aussi la rencontre avec le réalisateur, Stéphane Cazes, qui m’a décidé. J’ai de plus en plus à coeur que les projets auxquels je participe soient vraiment cinématographiques. Il faut donner aux gens l’envie d’aller dans les salles. 

D’avoir débuté dans le métier à l’âge de 13 ans, cela vous a-t-il aidé dans le contact avec vos jeunes partenaires ? 

Sincèrement, je n’y ai pas pensé. J’en ai pris conscience ce matin seulement. J’ai effectivement repensé à Hors-la-loi, mon premier tournage, en 1985. Pour moi, ce fut le début de ma vie ! À leur manière, mes jeunes partenaires ont dû vivre la même expérience. Vous savez, j’aime les gens : qu’ils soient jeunes, vieux, bébés, j’ai la curiosité des autres. 

La jeunesse est en pointe dans le combat contre le réchauffement climatique : quel regard posezvous sur la génération Greta Thunberg ? 

Déjà, j’ai honte, car j’appartiens à la génération qui, bien qu’elle ait été alertée, n’a pas entendu. Un vrai déni. J’ai deux filles dans la vingtaine, un garçon de 10 ans, et j’ai vraiment honte. Ce que j’aime dans Les Têtes givrées, c’est que le film donne de l’espoir et montre que l’on peut agir à son humble niveau. Je fais de petites choses, de plus en plus. Je suis heureux de voir que pour les jeunes, la situation a évolué. Être dans l’action et l’élan collectif, c’est toujours mieux que d’être posé dans son coin, avec un regard cynique, en disant : « Ça ne sert à rien. » 

Vous êtes crédible en enseignant. Pourriez-vous être professeur d’art dramatique ? 

Là, je n’y pense pas. Mais je ne veux plus dire jamais, car j’avais dit que je ne serais jamais réalisateur ! Quand tu fabriques des films en équipe, c’est un partage, une forme de transmission.

Les Têtes givrées, samedi 20 janvier à 21h10 sur Canal+

Propos recueillis en 2022

Par
Julien Barcilon