Papy fait de la résistance (France 2) – Christian Clavier : « Au départ, Martin Lamotte et moi avions écrit un scénario pour un vrai film d’aventures »

Publié le 26 avril 2026 à 8:12
France 2 diffuse ce soir le film culte Papy fait de la résistance. Avec cette plongée hilarante dans l’Occupation, le Splendid réalisait, en 1983, un bijou d’irrévérence avec de glorieux alliés : Maillan, Carmet, Villeret…

Comme Le Père Noël est une ordure, en 1979, ce Papy de génie est né en 1981 sur la scène du Splendid Saint-Martin, à Paris. « Au départ, Martin Lamotte et moi avions écrit un scénario pour un vrai film d’aventures, raconte Christian Clavier. Mais c’était cher. En attendant de trouver un producteur, nous avons monté la pièce à partir du script. » 

Christian Fechner sera l’homme providentiel. À son actif, le lancement au cinéma des Charlots et de Coluche. L’histoire lui plaît : les Bourdelle, une célèbre famille de musiciens, résistent aux Allemands dans leur hôtel particulier du Paris occupé. « Au théâtre, on faisait imaginer l’action au public. Au cinéma, nous avons pu enfin la montrer », précise Clavier. L’action, c’est d’abord Guy-Hubert Bourdelle, garçon coiffeur le jour, Super-Résistant la nuit qui, masqué et cape au vent, vole de toit en toit et fait tourner l’armée allemande en bourrique. Martin Lamotte, son interprète, s’est souvenu du film Le Père tranquille (1946), de René Clément : « C’est un joli film sur la Résistance. Le héros, joué par Noël-Noël, avait un fils au style très précieux, interprété à merveille par José Artur. Mon inspiration pour Guy-Hubert vient de là. » 

UNE DÉDICACE À DE FUNÈS 

Lamotte, Clavier et le réalisateur Jean-Marie Poiré ont retravaillé le scénario original avec l’idée de faire de chaque rôle un morceau de bravoure. Les grands esprits se rencontrent : Fechner veut mêler à l’écran les nouveaux talents du café-théâtre (Josiane Balasko, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Dominique Lavanant…) aux vedettes du Boulevard que sont Jacqueline Maillan, Michel Galabru et Jean Carmet

Tous livrent des numéros d’acteurs mémorables. En tête, la Maillan, magistrale Héléna Bourdelle, cantatrice à cheval sur le savoir-vivre, et Jacques Villeret, génial en maréchal von Apfelstrudel, le demi-frère d’Hitler, qui chante du Julio Iglesias avec l’accent bavarois. Le rôle devait être tenu par Louis de Funès, décédé quelques mois avant le tournage. Grands admirateurs de « Fufu », qui était venu applaudir la pièce, les auteurs lui ont dédié le film.

LES GRANDES MANOEUVRES 

Un budget de 31 millions de francs, un an et demi de préparation, vingt rôles principaux, neuf cents figurants, mille cinq cents costumes, deux voitures de collection, dont l’authentique voiture blindée de Hitler, louée 35 000 francs par jour, des chars, des motos, des camions, deux panthères… Fechner exige de l’authentique ! Quelques rues de Paris ont été repavées pour faire plus vrai. 

Poiré, Lamotte et Clavier ont lu des piles de journaux datant de la guerre et visionné tout ce que la Cinémathèque comptait de films sur l’Ocupation, de  L’Armée des ombres à La Traversée de Paris. Résultat : ce fleuron de l’esprit Splendid est truffé de clins d’oeil aux classiques de guerre et de répliques tordantes. S’il ne faut en citer qu’une : « Comment dois-je vous appeler : Super ou Résistant ? Appelez-moi Super, pas de chichi ! » 

Papy fait de la résistance, dimanche 26 avril à 21h10 sur France 2

Par
Isabelle Magnier