Nous, les Leroy (Canal+) : Comment le réalisateur s’est inspiré du divorce de ses parents

Publié le 17 janvier 2025 à 13:55
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Charlotte Gainsbourg et José Garcia jouent un couple à bout de souffle dans ce premier film, très réussi, de Florent Bernard. Un nom que vous feriez bien de retenir.

De son enfance en Bourgogne, Florent Bernard a conservé un tropisme pour la France des ronds-points et des zones commerciales : « J’ai grandi dans ces endroits avec une Foir’fouille, un Buffalo Grill et un Intersport. J’en suis nostalgique. J’ai toujours trouvé à ces décors un look de cinéma : tout est horizontal comme dans un western. Et puis, la nuit, avec les lumières de la façade, un parking de magasin peut prendre des airs de Las Vegas. Il y a beaucoup de poésie là-dedans. » 

Logique, donc, que son premier long-métrage se déroule dans ces territoires périphériques rarement explorés par le cinéma français. Partiellement inspiré par la propre histoire du réalisateur, Nous, les Leroy (Grand Prix au Festival de l’Alpe d’Huez 2023) met en scène un couple usé : alors que leurs enfants auront bientôt l’âge de quitter le foyer, Sandrine Leroy (Charlotte Gainsbourg) annonce à son mari Christophe (José Garcia) qu’elle veut divorcer. Ce dernier tente alors de la reconquérir en organisant un voyage nostalgique sur les traces de leur passé familial. « Mes parents se sont séparés quand j’avais l’âge des enfants du film. Mon frère et moi leur avons dit que c’était leur problème, et mon père l’a très mal pris, croyant que nous nous en fichions. L’idée est venue de là ; des confrontations possibles au sein d’une famille au moment de cette fracture », précise Florent Bernard, qui a fait ses armes dans la fiction et les sketchs sur Internet, avant d’écrire pour le petit écran ( La Flamme, avec Jonathan Cohen) puis le grand (la comédie d’aventure Jack Mimoun et les Secrets de Val Verde, le film d’horreur Vermines…). 

ENTRE RIRE ET LARMES 

Il signe une comédie de remariage douce-amère, qui navigue entre la drôlerie et le pathétique de ses personnages. L’émotion affleure et on pense au cinéma de Patrice Leconte – époque Tandem et Le Mari de la coiffeuse – ou à celui de l’Américain Judd Apatow. Deux réalisateurs à qui Bernard voue un culte, et qui ont en commun de mêler l’humour et la gravité dans un même mouvement : « C’est ce que j’aime chez eux, et je m’en serais voulu de ne faire qu’une comédie. J’aurais eu l’impression de ne pas aller au fond du sujet du film, à savoir des membres d’une famille qui n’arrivent plus à se parler et qui ont envie d’autre chose. » 

Charlotte Gainsbourg, rare dans le registre comique, a immédiatement été emballée par l’énergie du script et de son auteur : « Il est très ouvert aux propositions, mais sait absolument ce qu’il veut. Lorsque l’on tourne, il a déjà son montage en tête et très peu de doutes. Ce qui est très rassurant ! » José Garcia confirme un sens aigu du tempo et un goût pour le second rôle : « C’est fondamental pour l’énergie d’un film. Chacun de ses personnages apporte une dynamique. Florent Bernard adore Paul Thomas Anderson, et je trouve qu’il a un peu la même manière de filmer que lui. » Un compliment qui devrait ravir l’intéressé, et une confirmation au passage : un cinéaste est né.  

Nous, les Leroy, vendredi 17 janvier à 21h10 sur Canal+

FRANÇOIS LÉGER

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