Notre-Dame brûle (TMC) – Comment Jean-Jacques Annaud a reconstitué le brasier de Notre-Dame

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:39
David KOSKAS
Jean-Jacques Annaud reconstitue avec minutie l’incendie de la célèbre cathédrale et rend hommage aux pompiers. Grand spectacle et émotions garantis.

En cet été sous la bannière des Jeux olympiques et paralympiques, outre les performances des athlètes, touristes et Parisiens peuvent aussi admirer un autre exploit. Celui de la reconstruction à l’identique de la flèche de Notre-Dame, de nouveau visible dans le ciel de la capitale, depuis février. Le film de Jean-Jacques Annaud nous replonge cinq ans en arrière, lorsque les premières fumées sont aperçues sur le toit de l’édifice… En décembre 2019, huit mois après le drame, le producteur Jérôme Seydoux proposait au cinéaste de réaliser un documentaire sur la catastrophe. Mais Annaud aime les défis. Il a une autre idée en tête : tourner « un extraordinaire thriller, une course contre le feu », qui montrerait ce que le monde entier, qui a suivi la tragédie en direct, n’a pas vu la nuit du 15 avril 2019 : comment une poignée de pompiers est entrée au coeur du brasier, pour sauver la cathédrale célébrée par Victor Hugo.  

"Chaque pompier, policier, élu, religieux m’a expliqué ce qu’il avait fait, minute par minute" 

Il met aussi en scène comment les embouteillages parisiens, conjugués à l’incroyable état de vétusté de l’inestimable joyau, faillirent compromettre l’opération. La préparation du film a duré un an, le temps de compiler et de lire les articles de presse et les rapports officiels, de réunir les images d’archives des autorités, ainsi que les quelque six mille vidéos tournées par des touristes et des riverains. Soucieux de consigner le déroulement détaillé des faits dans son scénario, le réalisateur a également recueilli des dizaines de témoignages : « Chaque pompier, policier, élu, religieux m’a expliqué ce qu’il avait fait, minute par minute. » 

Reconstituer le lieu

Par souci de réalisme, Annaud refuse les effets numériques. Si quelques plans ont pu être tournés à l’intérieur de la nef meurtrie, des pans entiers du monument millénaire sont construits sur les plateaux de la Cité du cinéma de Saint-Denis et aux studios de Bry-sur-Marne. Ainsi, une section de l’escalier qui mène au sommet de l’édifice est reproduite pour la séquence où l’on voit les pompiers se glisser dans cet étroit colimaçon (50 cm de large), leurs 45 kg de matériel sur le dos. Incroyable mais vrai ! Ce passionné d’architecture médiévale orchestrait déjà dans Le Nom de la rose (1986) l’incendie d’une immense bibliothèque.

« C’est un formidable méchant » que les acteurs affrontent ici réellement (ils ont suivi une formation préalable), grâce à des canalisations qui amènent le feu dans les décors, puis l’eau pour l’éteindre. Le cinéaste réussit lui aussi un exploit : restituer à l’écran « l’opéra de feu », à la fois terrible et magnifique, décrit par certains pompiers, après leur courageuse intervention. D’excellents acteurs les incarnent (Pierre Lottin, Samuel Labarthe, Chloé Jouannet…) mais pas de stars, selon le souhait d’Annaud : « Celles et ceux qui ont sauvé Notre-Dame sont des héros anonymes, et qui souhaitent le rester. Il eut été inconvenant de les faire interpréter par des vedettes immédiatement reconnaissables. » 

Notre-Dame brûle, lundi 18 août à 21h15 sur TMC

Par
Isabelle Magnier