Les Miraculées
Cinq ans et demi auront suffi pour restaurer la majeure partie de ce fleuron du Patrimoine de l’humanité. Ce n’est pas le seul miracle de cette aventure, ainsi que le rappelle Philippe Villeneuve, architecte en chef des monuments historiques : « Les sculptures au pied de la flèche, en gradins jusqu’à la souche, on les appelle les Miraculées, parce qu’elles ont été enlevées le jeudi (précédant le drame, ndlr), pour être restaurées à Périgueux. Et le lundi, toute la flèche disparaissait. »
Un mal pour un bien
En travaillant dans la cathédrale Notre-Dame, Agnès Roze, restauratrice de peintures murales, s’est crue sur la Lune, avec sa combinaison de cosmonaute afin d’éviter une intoxication au plomb. Mais elle reconnaît un point positif à cette catastrophe : « Les chapelles étaient très dégradées. On en restaurait une tous les dix ans. Elles avaient donc tendance à vieillir différemment. Cet incendie permet au moins de les restaurer toutes en même temps. Elles vieilliront ainsi ensemble. »
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Le choix du bois
La charpente a tenu 860 ans. Il aura fallu 1 200 chênes pour la reconstituer. « On a été extrêmement rigoureux, drastiques, pour ne pas dire franchement pénibles, sur le choix des bois », insiste Rémi Fromont, architecte en chef des monuments historiques. Une opération de quatre mois et demi, sur des arbres encore debout, afin de pouvoir déceler d’éventuels défauts autour de leur tronc. Les plus belles pièces ont été sélectionnées à l’aide de jumelles, « pour lire l’écorce jusqu’en haut, parce qu’il nous fallait des bois de 13, 14, 15 mètres de long », précise Rémy Desmonts, charpentier en charge de la nef.
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Des découvertes extraordinaires
Pour le montage de la flèche, il a été procédé à l’installation d’un échafaudage de 100 mètres de haut, constitué par 600 tonnes de tubes. « Il a fallu que l’on sache sur quoi on s’appuyait, souligne Philippe Villeneuve. On sait, par expérience, qu’une cathédrale renferme un certain nombre de sépultures, avec des creux, des vides, sous le sol. Sous le carré de la croisée, on a commencé à sortir des sarcophages. Et puis on a trouvé un cercueil en plomb. » Il s’agit de la tombe d’Antoine de La Porte, chanoine de la cathédrale, (1627-1710). « On a retrouvé aussi des vestiges du jubé du XIIIe siècle, qui fermait le choeur. Très riche au niveau du décor, avec de la polychromie, des fleurs de lys dorées, des fonds bleus… Des trucs extraordinaires. » Uniques, comme ces architectes, charpentiers, sculpteurs, cordistes, maîtres verriers… qui ont contribué à sauvegarder notre mémoire.
Notre-Dame Résurrection, mardi 3 décembre à 21h05 sur France 2