Mensonges d’État (Arte) – Leonardo DiCaprio : « Avec Titanic, je croyais avoir vécu le pire tournage de ma carrière. Je me trompais… »

Publié le 28 janvier 2024 à 14:34
© 2008 Warner Bros. Entertainment Inc.
Dans ce thriller de Ridley Scott, la star incarne un agent de la CiA infiltré en Jordanie. le tournage fut un vrai parcours du combattant pour l’acteur.

Une préparation minutieuse 

Pas question pour Leonardo DiCaprio d’entrer dans la peau de Roger Ferris, spécialiste des missions en terrain sensible, sans se renseigner sur les « vrais » membres des services secrets américains. « Pendant six mois, j’ai rencontré d’anciens pontes de la CIA qui m’ont expliqué comment ils parachutaient des hommes en Irak pour pénétrer les réseaux terroristes. » Il comprend la complexité de ce travail de taupes qui confine parfois à l’absurde : « C’est à devenir fou. Ces types risquent leur peau pour un résultat, qui, souvent, n’aboutit à rien. » 

Ridley Scott, le despote 

Lorsqu’il débarque dans les gigantesques studios marocains d’Essaouira, en mai 2007, DiCaprio est anxieux : c’est la première fois qu’il tourne avec Ridley Scott, un monstre d’exigence. Dès le début, il peine à s’adapter : « Je sortais des Noces rebelles, tournage intimiste de cinq mois avec Sam Mendes dans une petite maison du Connecticut, où j’étais le centre du monde. » Du calme rural, l’acteur se retrouve en enfer : « À peine arrivé, je suis obligé de courir au milieu d’explosions, avec des rafales d’armes automatiques et des hélicos qui passent au-dessus de ma tête dans un vacarme infernal ! » Ridley Scott tourne simultanément avec seize caméras et surveille ses sept écrans de contrôle sans même lui adresser la parole. Il hurle des ordres dans un haut-parleur à ses équipes qui obéissent sans broncher. Grand moment de solitude pour DiCaprio, bichonné en superstar sur les autres plateaux

Des cascades sans doublure 

« Un jour, le réalisateur me demande une séquence impossible. Je devais à la fois parler dans mon portable, fumer une cigarette et tirer sur un terroriste en courant. » L’acteur se cabre. « Dis-moi Ridley, ce n’est pas très crédible, comme scène ! » Réponse glaciale : « Ce n’est pas à toi d’en juger. Fais-la quand même, si tu en es capable… » Piqué au vif, Leonardo DiCaprio s’exécute, avec la rage au ventre. Les séquences sont d’autant plus douloureuses à tourner qu’il ne veut pas être doublé pour les cascades. Résultat : il termine ses journées couvert de plaies et de bosses. 

Amadouer Russell Crowe 

Pas facile de se mettre un Russell Crowe caractériel dans la poche, qui, en plus, entretient un rapport fusionnel avec Ridley Scott : ils ont tourné quatre films ensemble. DiCaprio se désespère : « J’étais largué… Russell m’ignorait superbement. Il passait son temps à murmurer des choses à l’oreille de Ridley, qui modifiait aussitôt le scénario. » Tenace, Leonardo DiCaprio va se battre comme un lion pour s’adapter : « Avec Titanic, je croyais avoir vécu le pire tournage de ma carrière. Je me trompais… » À la fin de ce challenge exténuant de quatre mois, Ridley Scott confie au comédien, qui n’en demandait pas tant : « Je dois avouer que tu es très fort. Entre Russell et moi, tu as su trouver ta place, et m’impressionner. Bravo, et renseigne-toi, je ne fais jamais de compliments… »  

Mensonges d’État, dimanche 28 janvier à 21H00 sur Arte  

Jean-Baptiste Drouet 

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