Après un premier film qui faisait la part belle à D’Artagnan, ce nouveau chapitre des Trois Mousquetaires, de Martin Bourboulon, élargit le spectre et multiplie les points de vue : plus rythmé, plus trouble, plus explosif, plus drôle, aussi. Les mousquetaires – toujours campés par Vincent Cassel, François Civil, Romain Duris et Pio Marmaï – partent pour une périlleuse mission à Londres, tandis que la ville de La Rochelle est assiégée (et c’est le gros morceau de bravoure du film avec un spectaculaire et unique plan-séquence). Mais alors que l’Angleterre prépare son invasion et que les manoeuvres secrètes s’accélèrent, la troublante Milady travaille activement à sa vengeance…
Cette superproduction s’est donné les moyens de ses ambitions et doit beaucoup à la composition d’Eva Green dans le rôle-titre : « Elle a une cinégénie énorme, analyse le réalisateur, elle capte la caméra et capture l’oeil du spectateur de manière très puissante. Et, au-delà de sa plastique, son âme se laisse également découvrir dans certaines scènes. »
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Épatante en dangereuse intrigante, la comédienne a effectué une longue préparation physique qui lui a permis d’aborder sereinement les scènes d’action, et de faire des propositions : "Avec les cascadeurs, détaille-t-elle, nous avons essayé de trouver à mon personnage une technique de combat différente de celle des mousquetaires… J’aimais me raconter que Milady avait voyagé et que cela avait affecté ses façons d’être et de se battre. Il se trouve aussi que je suis plus adroite avec deux armes dans les mains qu’avec une seule ! Le fait que mes deux mains soient occupées me permet d’être plus centrée."
ALEXANDRE DUMAS RÉINVENTÉ
Cette incarnation guerrière de Milady ne masque pas ses blessures psychologiques ni sa complexité, bien au contraire. Dans cette suite, elle gagne en ampleur comme en profondeur, quitte à s’éloigner un peu des sacrosaints romans de Dumas. Pas de crime de lèse-majesté, juste la volonté de lui donner un peu plus de chair. "C’est un personnage que nous avons étoffé, confirme Martin Bourboulon. Cette femme a été bouleversée et meurtrie par un traumatisme dans son histoire… Milady réagit donc par réflexe, en usant de sa force de combattante. Ce qui n’empêche pas que l’on puisse la trouver bouleversante et que l’on s’attache à elle."
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C’est précisément dans cette dualité nouvelle que l’actrice a vu la possibilité de réinventer un rôle déjà tenu de multiples fois à l’écran : "Elle me paraît plus charnelle dans les films que dans les livres, et c’est évidemment ce qui m’a donné envie de l’incarner. Milady a un côté psychopathe, elle trahit depuis la nuit des temps. Aussi les films permettent-ils de mieux comprendre pourquoi et comment elle est devenue cette anti-héroïne, insensible, diabolique, sans scrupules. Une fois cette méchanceté installée, les deux volets des Trois Mousquetaires ne vont pas cesser de mettre en lumière une humanité qui n’apparaissait pas réellement chez Dumas."
Les Trois Mousquetaires : Milady, vendredi 14 mars à 21h10 sur Canal+
FRANÇOIS LÉGER