"J’étais certaine que Tim Burton n’en ferait pas quelque chose de cucul"
Toucher à Dumbo, ce classique de Disney, ne vous a-t-il pas fait hésiter ?
Eva Green : J’ai grandi avec ce dessin animé et j’étais certaine que Tim Burton n’en ferait pas quelque chose de cucul. Je savais que le film aurait des formes un peu dark, mais toujours avec de l’humour et de l’émotion. Dumbo, comme Edward aux mains d’argent, c’est Tim Burton. Ce petit éléphant est marginal, mal aimé, parce que différent. Et puis son étrangeté va être célébrée.
Eva Green "terrifiée" par les cascades
Vous incarnez une voltigeuse. Avez-vous eu des sensations fortes lors du tournage ?
Oh oui ! D’autant plus que j’ai le vertige. Enfant, je ne pouvais pas monter sur les balançoires, encore moins sur les grands huit… Lorsque Tim m’a dit que j’exécuterais mes cascades, j’ai été terrifiée. Je me suis entraînée avec un coach pendant trois mois pour me muscler. Ce rôle a été un vrai challenge physique. Les acrobates sont des gens assez masos, qui ont l’art de la souffrance. C’est incroyable de se balancer là-haut ! J’avoue que je suis assez fière de moi.
À lire également
Dumbo est votre troisième film avec Burton. Qu’aimez-vous chez lui ?
On se comprend. Nous avons le même univers. J’ai toujours admiré son travail, sa poésie… Petite, j’étais fan de Beetlejuice. Et il est abordable et extrêmement sensible : avec lui, pas de rapport de force, mais de la douceur.
Parlez-nous de votre première rencontre…
Il voulait me voir dans son bureau pour Dark Shadows. Je pensais qu’il allait me demander de passer une audition. Ce qu’il n’a pas fait. Tant mieux, je déteste ça ! En fait, nous avons parlé. Dehors, il y avait de l’orage. Très "burtonien". C’était un signe.
Dumbo parle de la différence. Vous sentiez-vous une enfant particulière ?
J’ai toujours été très timide. C’était un vrai handicap. J’avais peur d’aller aux anniversaires, de devoir participer à des jeux… En classe, j’étais inquiète à l’idée qu’on m’interroge devant tout le monde. Et, paradoxalement, je suis devenue actrice. Il faut savoir s’accepter.
En dix-huit ans de carrière, que vous a appris ce métier ?
Dix-huit, déjà ! J’aimerais dire que je suis devenue plus forte. Mais non, je suis plus vulnérable. C’est difficile de garder son armure dans ce métier. Il faut que je trouve une recette à ça, vite fait !
Dumbo, est diffusé samedi 1er février à 21h10 sur 6Ter
Propos recueillis en 2019 par Isabelle Magnier