Le prestige (Arte) – Hugh Jackman fasciné par les magiciens : « Avant chaque représentation, Houdini cachait la clé dans sa chair »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 11:32
Arte programme Le prestige, un thriller signée Christopher Nolan et porté par Hugh Jackman et Christian Bale, qui nous tient en haleine jusqu’au dénouement glaçant...

"Les illusionnistes étaient les rock stars de l’époque. Au XIXe siècle, le public leur prêtait des pouvoirs surnaturels, alors que la machinerie déployée était incroyable. Ce métier exigeait des sacrifices, de la souffrance. Les mains menottées, le grand Houdini cachait la clé dans sa chair ! Avant chaque représentation, il s’entaillait l’abdomen !", raconte avec passion Hugh Jackman, impérial en roi de l’illusion de l’Angleterre victorienne. 

En ces temps, les ténors de la discipline se livraient une compétition acharnée. À Londres ou à New York, chaque soir, une dizaine de prestidigitateurs renommés rivalisaient d’ingéniosité dans des théâtres bondés. Pour s’imposer comme le plus grand, tous les coups étaient permis. La surenchère était la règle pour séduire le public friand de nouvelles technologies, voire d’occultisme, pourvu que l’effet waouh soit au rendez-vous. Quitte à perdre son âme… 

Cette guerre des magiciens est le matériau de fiction en or du roman Le Prestige, de Christopher Priest, que Nolan adapte à l’écran… Jadis associés, Robert Angier (Hugh Jackman) et Alfred Borden (Christian Bale), illusionnistes de renom, sont les pires ennemis, depuis une représentation tragique qui coûta la vie à l’épouse du premier, qui, aussitôt, tint son partenaire pour responsable. 

Prestidigitation, vengeance, guerre des ego, imposture : Nolan orchestre, en 2006, un thriller stylé à double, voire triple fonds et, en creux, livre une magistrale leçon de cinéma. L’art de duper pour créer du rêve à l’instar des illusionnistes. Conseil : restez « attentifs », c’est la voix off qui le dit ! « Le métier de réalisateur de film implique de se prendre soi-même dans les fils de l’illusion en même temps qu’on les crée », confirme Nolan. Comme ses héros, le futur metteur en scène du vertigineux Inception (2010) a plus d’un tour dans son sac et toujours un coup d’avance. Et l’abracadabrantesque fantastique est aussi une option renversante. 

En amont du tournage, les deux comédiens ont acquis les gestes du métier au contact de pros pour incarner le très aristocratique Robert « Le Grand Danton » Angier et son concurrent, Alfred « Le Professeur » Borden, issu de la classe ouvrière. Contrairement à son camarade de jeu, Bale, 100 % obsessionnel dans le travail, n’a pas suivi le conseil de Nolan de ne pas lire le roman de Priest. Jackman, lui, a peaufiné sa technique avec le célèbre illusionniste David Copperfield, à Las Vegas : « Il m’a invité à visiter son musée particulier. On s’est arrêtés en limousine dorée devant un vieux sex-shop. J’ai d’abord cru à une mauvaise blague. À l’entrée, il m’a demandé d’appuyer sur le téton d’une statue qui a ouvert une véritable caverne d’Ali Baba ! » 

L’anecdote en appelle une autre tout aussi inattendue. Dans le film, un personnage joue un rôle central dans le dénouement, un certain Nikola Tesla, millionnaire excentrique et génie visionnaire de l’électricité naissante, incarné par David Bowie. Oui, il s’agit bien du scientifique qui a inspiré le nom à une célèbre marque de voitures. 

Le prestige, dimanche 21 septembre à 21h00 sur Arte

Par
Julien Barcilon