“On ne va pas y arriver, Laissez tomber !" Julie Fabre, l’entraîneuse de l’équipe de France de natation synchronisée, chargée de coacher Guillaume Canet, Mathieu Amalric, Benoît Poelvoorde, Jean-Hugues Anglade, Philippe Katerine, Alban Ivanov, Félix Moati et Balasingham Thamilchelvan, a failli jeter l’éponge. "Au début, je pensais que je n’arriverais jamais à monter une chorégraphie qui tienne la route. Je n’ai pas l’habitude de composer avec des corps d’hommes, qui plus est non sportifs !", précisait-elle au Parisien. Mais ça, c’était avant que l’ancienne championne tente deux semaines de travail en petits groupes. Elle a découvert des comédiens prêts à se mouiller pour incarner une bande de quadras cabossés, qui reprennent pied dans leur vie grâce au ballet nautique. "Ils ont bossé comme des dingues", confie Lellouche. Lui aussi s’est donné à fond.
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Pas dans l’eau, mais en Californie où, enfermé durant deux mois, le réalisateur a écrit, avec l’un de ses coscénaristes, "de 8 à 22 heures, tous les jours, sans ami, sans coup de fil, sans rendez-vous". Une vraie retraite de moine, dont il est revenu avec le scénario du Grand Bain et les noms de ses acteurs qui ont dit oui les yeux fermés, même Balasingham Thamilchelvan, qui ne savait pas nager, et Félix Moati, qui ne supporte pas de mettre la tête sous l’eau, ainsi que Philippe Katerine, qui déteste l’odeur du chlore ! Tous ont surmonté l’appréhension d’un tournage en bonnet et slip de bains. Pas très sexy. D’autant plus que Gilles Lellouche leur avait demandé de ne surtout pas faire de sport avant, ni de régime. "Je voulais qu’ils viennent tels quels, avec leurs bourrelets !"
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COMME DES POISSONS DANS L’EAU
Ce petit bijou de comédie chorale s’ouvre sur Bertrand (Mathieu Amalric), dépressif chronique, accro au jeu vidéo Candy Crush, mais aimé par sa femme (Marina Foïs), qui l’encourage à bouger de son canapé. Direction la piscine. Rien de tel que l’eau pour soigner le vague à l’âme. Le voilà à barboter avec Laurent (Guillaume Canet), noyé dans sa colère, Thierry (Philippe Katerine), employé gentiment perché de la piscine municipale, Marcus (Benoît Poelvoorde), petit patron grande gueule et mythomane, et les autres… Si ces grands gosses en pleine crise existentielle sont les piliers du film, Lellouche a pris soin de placer deux femmes à poigne au bord du bassin. "J’avais envie de leur faire la part belle. C’est aussi grâce aux femmes et pour elles que mes héros vont y arriver." Il y a Delphine (Virginie Efira, en short et claquettes), entraîneuse ex-alcoolique, qui exhorte ses athlètes tout en gambettes velues à "rechercher la fille qui est en eux", et Amanda, son ancienne coéquipière devenue paraplégique (Leïla Bekhti, irrésistible en coach tyrannique), qui l’épaule pour emmener, cravache en main, cette équipe de « gros lards » jusqu’aux championnats du monde de natation synchronisée, en Suède. Entre répliques qui tuent, pétage de plombs et attendrissants moments de camaraderie virile, on pique une tête sans hésiter avec ces adeptes de l’amitié et du serrage de coudes.
Le grand bain, dimanche 20 août à 21h10 sur TF1